Défibrillateurs dans les lieux publics, sont-ils efficaces ?

Défibrillateurs dans les lieux publics, sont-ils efficaces ?

En cas d’arrêt cardiaque le défibrillateur est un outil clé pour sauver la vie du patient. Aujourd’hui ce precieus outil est installé dans tous les lieux publics ma la question fondamentale est: saivent les personnes l’ultiser? En effet les communes ont installé massivement des appareils pourtant, les effets tardent à se faire sentir.

Chaque année 40 000 Français meurent prématurément d’un arrêt cardiaque, dont 13 % dans un lieu public. En 2007, un décret autorisait tout témoin d’un malaise à utiliser un défibrillateur automatique. Depuis, des appareils ont été mis à la disposition de la population un peu partout dans les lieux publics, en particulier par les collectivités. Par exemple, la ville de Paris en a implanté 132, Nantes 160, Châteauroux 45, Luçon 23.

« Nous ne connaissons pas le nombre exact de défibrillateurs dans l’espace public, car leur déclaration n’est pas obligatoire, regrette le Dr Bruno Thomas-Lamotte, président de l’Association pour le recensement et la localisation des défibrillateurs. On l’estime entre 100 000 et 130 000. » Pourtant, la mortalité n’a pas encore diminué !

Géolocalisation

« En moyenne, 5 % des victimes d’arrêt cardiaque hors domicile s’en sortent sans séquelle en France. Cette proportion ne s’est pas améliorée ces dernières années », révèle le professeur Hervé Hubert, président du Registre électronique des arrêts cardiaques. Comment expliquer une telle stagnation ?

D’abord, seulement 12 % des victimes bénéficient d’une réanimation avec défibrillation par un témoin. « Il subsiste des espaces concentrant beaucoup de monde, comme les gares ou les centres commerciaux, qui sont insuffisamment couverts », pointe le professeur Pierre-Yves Gueugniaud, président de la Société française de médecine d’urgence. Le sénateur (divers droite) du Nord Alex Türk propose ainsi de rendre obligatoire l’installation d’un défibrillateur dans différents sites(1).

Ensuite, un appareil dont on ne connaît pas l’emplacement précis ne sert à rien ! « Les collectivités doivent nous déclarer leurs défibrillateurs, et indiquer toutes les conditions d’accès, lieux exacts et horaires de disponibilité, poursuit Bruno Thomas-Lamotte. Nous avons en effet développé un logiciel de géolocalisation qui permet aux Samu et aux pompiers de situer les appareils les plus proches de l’endroit où se produit un arrêt cardiaque, puis de guider de manière très précise un témoin qui les appelle. »

Manque de formation

Enfin, pour qu’un défibrillateur soit utile, encore faut-il que quelqu’un effectue un massage cardiaque avant la mise en œuvre de l’appareil. A Gray, l’adolescente a survécu parce qu’un médecin généraliste présent sur place en a pratiqué un avant la défibrillation. « Une initiation de trente minutes suffit », assure le Dr Nordine Benameur, du Samu du Nord. Dans ce département, le déploiement des appareils dans les installations sportives a été accompagné d’une formation des staffs sportifs et médicaux. L’alerte précoce, le massage cardiaque puis une défibrillation initiés rapidement ont permis d’atteindre un taux de survie de 50 % !

Aujourd’hui, trois quarts des communes du Nord sont équipées d’un défibrillateur, financé pour moitié grâce à la réserve parlementaire d’Alex Türk et de l’ancienne sénatrice Sylvie Desmarescaux. « Nous avons formé 150 élus et réalisé un film pédagogique, précise Nordine Benameur. Ceux qui le souhaitent sont accompagnés pour former leurs concitoyens. Notre objectif est d’atteindre, dans la population générale, les résultats obtenus dans le milieu sportif du Nord. »

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