Favorables aux nouvelles technologies…mais pas sans médecin!

Favorables aux nouvelles technologies…mais pas sans médecin!

Paris, France – Deux récents sondages font apparaître une large acceptation du partage des données de santé, via les nouvelles technologies et la numérisation, tant par les médecins que les patients. Mais le colloque singulier reste malgré tout une rencontre privilégiée.

Quelle acceptation des objets connectés ?

Les objets connectés sont-ils considérés comme des gadgets ou de véritables dispositifs médicaux ? Les patients sont-ils prêts à recevoir leur ordonnance sur leur téléphone mobile ? Et les médecins souhaitent-ils contrôler les constantes de leurs patients, en direct, grâce à des objets connectés ? Deux récents sondages tentent de répondre à cette question, en appréhendant l’usage des nouvelles technologies en santé, tant chez les médecins que les patients.

Le plus récent a été publié ce 18 mai. Réalisé par l’Institut Odoxa [1] pour Orange et la mutuelle santé MNH, il a réuni trois panels : grand public (3001 personnes), patients (708 personnes) et médecins (399 spécialistes et généralistes). Un autre sondage [2], commandé par la Fédération hospitalière de France (FHF) cette fois-ci, auprès de 1001 personnes, représentatives de la population française, s’attarde également, entre autres choses, sur l’acceptation des objets connectés par les patients.

Partage des données de santé… sauf pour les laboratoires et les assureurs

Le partage des données de santé semble une chose acceptée, tant qu’il s’effectue entre professionnels de santé. Ainsi, selon Odoxa, 86% du grand public, 87% des patients et 98% des médecins sont favorables au partage des données de santé des patients entre médecins traitants et autres professionnels de santé. Ce taux baisse à 52% de patients en ce qui concerne le partage de ces informations avec des équipes de recherche.

En revanche, une majorité de patients et de médecins sont opposés à la communication de ces données à des laboratoires pharmaceutiques (seulement 32% des Français, 29% des patients et 10% des médecins l’accepteraient), ou assureurs (11%, 10% et 6%). « Ils ne seraient pas plus favorables à un partage avec des assistantes sociales (29%, 26% et 22%) ou un réseau de santé sur Internet (15%, 12% et 18%) », selon Odoxa.

Pour la FHF, le partage de données est largement acceptée par les Français : 86% d’entre eux accepteraient, en cas de maladie grave ou rare, « de partager l’ensemble des données du dossier médical avec certains experts de la santé, sous contrôle d’une autorité pour faire avancer la recherche médicale ».

Non à la délivrance de prescription médicale sur mobile

Corollaire au partage des données de santé, les nouvelles technologies, en particulier les objets connectés, ont bonne presse, tant auprès des médecins que des patients. Si le téléphone fixe est le plus usité, actuellement, pour communiquer avec des professionnels de santé, il est aussi le moins plébiscité : 41% souhaite recourir à Internet contre 9% qui choisissent le téléphone fixe. Les patients semblent lassés du téléphone fixe qui est actuellement le mode de contact « qu’ils utilisent le plus : avec seulement 9% de souhait d’utilisation par les patients, ce mode de contact arrive dernier, étant quatre fois moins cité que l’Internet et quatre fois moins cité aussi que ne l’est son usage actuel », relève Odoxa.

Chez les médecins, 76% d’entre eux souhaitent un recours accru à Internet et aux mails, et 60% aux téléphones portables et aux SMS. Un patient sur quatre souhaite pouvoir utiliser téléphone portable et SMS lors de son séjour hospitalier, pour favoriser un partage d’informations avec les médecins.

Mettre à jour son dossier médical d’un simple clic

A quelles fins, néanmoins, user des nouvelles technologies ? Autant pour les médecins que pour les patients, téléphones portables SMS et mails pourraient servir à la communication du compte rendu d’hospitalisation ou des résultats d’examen, au rappel de rendez-vous, à la gestion du dossier administratif. En revanche, médecins et patients sont plus rétifs à l’utilisation de ces nouvelles technologies pour des sujets plus médicaux, comme la sortie d’hospitalisation, le rappel de prises médicamenteuses, ou la délivrance de prescription médicale sur mobile (14% des patients y seraient favorables et seulement 20% des médecins).

A noter qu’environ 60% des Français (59%) et des patients (63%) et plus de 80% (83%) des médecins aimeraient que les patients puissent, depuis un simple bouton sur leur téléphone mobile mettre à jour l’ensemble de leur dossier médical et l’héberger sur un terminal ou sur un service de « cloud » personnel.

Plus de rapidité mais moins de confidentialité

Enfin, si une large majorité des médecins et patients pensent que l’usage des téléphones mobiles en santé permettra à l’avenir plus de rapidité (82% des Français, 83% des patients et 91% des médecins), plus d’informations pour les médecins et les patients (77%, 77% et 84%), plus de simplicité pour les patients (74%, 71% et 84%) et un meilleur suivi du patient (74%, 71% et 87%), ils sont plus pessimistes quant au respect de la confidentialité via l’usage des nouvelles technologies : seuls 22% des médecins pensent que les nouvelles technologies favoriseraient plus de confidentialité contre 37% des patients.

Colloque singulier, avant tout

Le sondage de la FHF tire, peu ou prou, le même constat : les Français sont plutôt enclins à utiliser les nouvelles technologies en santé. 72% d’entre eux accepteraient d’être géolocalisés en permanence s’ils souffraient d’une maladie grave, et 55% seraient prêts à utiliser des objets connectés qui permettraient aux médecins traitants de surveiller en direct certains indicateurs de santé. Si les objets connectés ne semblent pas être rejetés, la présence d’un médecin est malgré tout recherchée. Ainsi une courte majorité (55%) serait prête à utiliser des objets connectés pour mesurer le degré d’activité physique, la tension ou encore l’alimentation, sans une présence médicale. Les diagnostics par visioconférence, qui pourraient remplacer les visites médicales, ne sont approuvées que par 53% des sondés. En revanche, ils sont minoritaires à souhaiter recevoir des conseils d’experts médicaux sur téléphone portable (45%). Et de rappeler que le colloque singulier reste malgré tout le contact privilégié pour les patients : 50% chez les jeunes, 62% chez les 35-49 ans, 67% chez les 50-64 ans pour culminer à 71% auprès des plus de 65 ans, selon Odoxa.

Que sont les objets connectés ?
Le Conseil national de l’Ordre des médecins s’est récemment penché sur la définition et l’usage des objects connectés en santé. Pour constater que l’on y trouve de tout : aussi bien de véritables dispositifs médicaux que des gadgets. En France 3 millions d’objets connectés ont été achetés en 2013, pour un chiffre d’affaires de 64 millions d’euros. 11% des Français auraient déjà adopté un objet connecté à des fins sanitaires. Il s’agit de tensiomètres connectés, lecteurs de glycémie, cardiofréquencemètres… qui envoient des données sanitaires, grâce à des capteurs, le plus souvent sur des smartphones.
Commencent également à apparaitre des objets connectés intégrés au corps, comme des lentilles qui mesurent le taux de sucre dans le sang, ou des patchs électroniques greffés sous la peau qui analysent les signes vitaux.

 

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