Projet Amoddou: une caravane médicale pour soigner les populations isolées au Maroc

Projet Amoddou: une caravane médicale pour soigner les populations isolées au Maroc

Une caravane médicale pour soigner les populations isolées au Maroc

En septembre 2016, une équipe médicale franco-suisse se lance dans un projet solidaire de caravane médicale au Maroc intitulé Projet Amoddou. Objectif : apporter des soins aux populations isolées et des formations aux soignants locaux. Parmi les soignants engagés, Jérémie Thirion, infirmier bien connu d’Infirmiers.com grâce aux récits de ses précentes missions : Philippines suite au passage d’un typhon, mission Mitsabo à Madagascar.

C’est à l’initiative d’une petite équipe franco-suisse que se prépare actuellement le projet Amoddou, une caravane médicale à destination du Maroc. Constituée de deux infirmiers, d’une sage-femme, d’un pédiatre, d’un médecin et d’un dentiste, l’équipe se rendra du 26 septembre au 9 octobre 2016 dans une dizaine de villages berbères, pour y proposer consultations, soins et formation. Accompagnée d’une petite équipe locale assurant la logistique, c’est en mules que se déplacera la caravane pour remonter la vallée en faisant escale de village en village.

« Le cœur battant du Maroc »

Située à un peu plus de 150 km au nord-ouest d’Ouarzazate, c’est la vallée du Dadès qui a été choisie par l’équipe pour mener à bien cette caravane. Au cœur du massif de l’Atlas, à plus de 1800 m d’altitude, cette vallée sinueuse et montagneuse est considérée par ses habitants comme « le cœur battant du Maroc ».  Au total, une dizaine de villages et deux communautés nomades seront rencontrés par l’équipe médicale, soit une population évaluée à plus de 4000 personnes.  Riche par son agriculture et ses élevages, les conditions climatiques de la vallée peuvent être particulièrement rudes durant l’hiver. Et ce sont justement ces conditions climatiques difficiles associées à la situation géographique éloignée et montagneuse de la vallée qui confrontent ses habitants à de nombreuses problématiques sanitaires.

Le Maroc possède un système de santé plutôt efficace et performant si on le compare à d’autres pays du Maghreb, explique Lara Martinez, médecin responsable du projet. Il est cependant complexe pour ces populations Berbères vivant dans ces vallées éloignées, de bénéficier facilement de l’offre de soin existante. Si l’on prend en compte le relief montagneux, les conditions climatiques, et la distance de plus de 50 km de l’hôpital local, l’accès aux soins est un véritable challenge pour les Berbères vivant dans la vallée. De nombreux accouchements se font encore au domicile avec tous les risques que cela entraîne, et le dispensaire de la vallée ne dispose que d’une infirmière et de très peu de moyens. Il permet cependant de réaliser un suivi régulier des pathologies chroniques et propose aussi un suivi des grossesses ainsi qu’un planning familial.

Soigner, former et partager

Après avoir sillonné plusieurs vallées isolées de Madagascar et mis en place des projets de soins et de formation, explique Jéremie Thirion, j’ai décidé de piloter cette nouvelle action au Maroc. Il faut savoir qu’il est plutôt compliqué de proposer une offre de soins complète avec ce type d’actions itinérantes. Nous ne serons présents qu’un seul jour par village, et nos moyens techniques seront limités, car c’est à pied et avec des mules pour charger notre matériel que nous nous déplacerons. Proposer des consultations adultes et pédiatriques est une chose, mais nous sommes évidemment conscients que notre impact auprès de ces populations sera minime. Nous savons par exemple qu’il sera impossible d’assurer un suivi des pathologies chroniques majoritairement présentes dans la vallée. Mais nous ne voulons pas focaliser notre action uniquement sur les consultations et les soins. Il est important de transmettre des messages clés, des messages de prévention ou encore rappeler le rôle central du dispensaire de la vallée.

En parallèle à ce volet consultations, l’équipe a souhaité mettre en place un réel programme de formation et d’échanges avec les acteurs locaux. Il n’est en effet pas envisageable de mener de telles actions dans ces zones reculées, sans y intégrer des échanges avec les soignants locaux. Cela n’aurait aucun sens. Il faut que notre intervention soit un moment de partage de connaissance et de pratiques, et nous espérons avoir à nos côtés l’infirmière du dispensaire, une sage-femme et peut être un médecin de l’hôpital de Boumalne-Dadès. En plus des consultations, nous allons aussi mettre en place une formation pour les accoucheuses traditionnelles, encore très présentes dans la vallée. Une formation leur sera ainsi proposée par notre sage-femme, notamment sur le dépistage des grossesses à risque, et le soin du nourrisson après l’accouchement. Nous interviendrons aussi dans les écoles, pour proposer une petite action de sensibilisation sur l’hygiène dentaire, poursuit Jéremie.

Pour permettre aux soignants de se déplacer avec leur tonne de matériel et de remonter à pied la vallée du Dadès, une équipe de locaux et quelques mules seront nécessaires pour assurer la logistique quotidienne du campement. L’avancée du projet sera relayée quotidiennement sur un site internet dédié.

Soutenir le projet

Si de nombreux partenaires ont choisi de soutenir cette initiative, le projet, estimé à un montant total de 16000€, est aujourd’hui financé à hauteur de 90%. Si vous avez êtes sensible à cette action franco-suisse, il est possible de réaliser un don par le biais d’un site internet, pour apporter, vous aussi,  une contribution à cette aventure.

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