Quel est le coût du transport d’une personne en ambulance?

Quel est le coût du transport d’une personne en ambulance?

Pour quelles raisons pour un même trajet, le coût du transport d’une personne en ambulance peut parfois varier du simple au double?

Une personne âgée a été transportée à quatre reprises de la maison de repos où elle résidait à Kain vers un hôpital tournaisien par trois services différents qui ont facturé chacun une somme différente, allant de soixante à près de 120 euros. Pour quelle(s) raison(s)?

Urgent ou pas?

Il faut d’abord distinguer le transport urgent et non-urgent. Dans trois situations sur quatre, la dame s’est rendue en clinique pour un examen.

  • À deux reprises, elle a été prise en charge par l’ambulance d’une entreprise privée lessinoise. Qui a facturé à chaque fois, le même prix, 60€, même si le transport a été effectué une fois vers Notre-Dame et l’autre fois vers La Dorcas.
  • Le troisième «trajet» a été assuré par une ambulance privée mouscronnoise. Ici, le calcul est différent. Le véhicule a effectué 44 kilomètres: au forfait de 50 euros s’ajoutent le montant de 1,35 euro du 11e au 20e kilomètre et celui d’un euro du 20e au 44e kilomètre. Soit au total 101 euros. 41 euros de plus que l’ambulance de Lessines.
  • Enfin, le quatrième transport a été assuré par l’ambulance affrétée par le service 100 de Tournai. Il s’agit d’un transport en urgence, après une chute. Sur la facture, le trajet total (caserne – home – Dorcas – home et retour à la caserne) est estimé à 19 kilomètres. Au forfait de 61,63 euros vient ainsi s’ajouter la somme de 55,44 euros, soit un total de 117,07 euros.

Le député Paul-Olivier Delannois, par ailleurs président de la zone de secours de Wallonie picarde a reçu de nombreuses plaintes de personnes s’imaginant que le coût parfois extravagant des factures à payer pour le transport en ambulance dans le cadre de l’aide médicale d’urgence résultait des conséquences liées à la création de la zone: « Il n’en est rien, rappelle-t-il. Ce système de facturation existe en effet depuis des années et est déterminé par un arrêté royal. »

Un calcul absurde

Le bourgmestre tournaisien faisant fonction a interpellé au Parlement la ministre de la Santé publique «à propos de l’absurdité du calcul des coûts de prestation pour le patient concernant le transport en ambulance dans le cadre de l’aide médicale urgente (lorsque l’on appelle le 112): il faut savoir que, pour le patient, le coût lié à ces prestations est composé d’une part forfaitaire fixe et d’une part variable. L’arrêté royal du 7 avril 1995 stipule ainsi que pour les dix premiers kilomètres, les prestations s’élèvent à 61,63 euros. Du onzième au vingtième, le montant est de 6,16 euros par kilomètre. Et enfin, à partir du vingt et unième kilomètre, la prestation reviendra à 4,71 euros par kilomètre. » Le prix des prestations est différent selon la distance établie entre la personne demandant l’aide et le lieu des services de secours disponibles: «Ainsi, une personne se trouvant loin de la caserne où est parquée l’ambulance et de l’hôpital paiera plus cher qu’une personne habitant à proximité des services. De la même manière, des personnes résidant au même endroit ayant fait appel à l’aide médicale urgente paieront un tarif différent selon l’endroit de provenance de l’ambulance. »

Ne plus lier coût et kilométrage

Les montants à payer par les patients peuvent donc être tout à fait disproportionnés. C’est difficile, poursuit M. Delannois « d’expliquer que deux personnes se trouvant au même endroit à la même heure doivent peut-être payer trois fois plus selon la provenance de l’ambulance.» Le souhait du parlementaire est de rendre ce service vital abordable pour tous en le refinançant complètement ou en arrêtant de lier le coût des prestations au kilométrage: «La ministre m’a répondu qu’elle était bien évidemment d’accord avec moi sur le principe de rendre ce service plus juste afin que le patient ne soit plus surpris par une facture au montant exorbitant.» Afin d’obtenir des pistes de solution pour résoudre ces problèmes, Maggie De Block a demandé l’avis du Conseil national de l’aide médicale urgente. En outre, elle travaillerait en étroite collaboration avec le ministre de l’Intérieur, afin de régler le système de financement des ambulanciers.

Paul-Olivier Delannois ne manquera donc pas de réinterpeller la ministre prochainement «pour voir comment avance ce dossier et si des solutions ont pu être dégagées avec l’aide de l’avis du Conseil national de l’aide médicale urgente

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