Samu 31: un des plus performants

Samu 31: un des plus performants

Bref entretien à Vincent Bounes, le patron du Samu 31 qu’il decrit comme « Un des plus performants »

À 40 ans, le professeur Vincent Bounes est certainement le plus jeune patron de Samu de France. Il vient de prendre la suite du docteur Jean-Louis Ducassé.

Cet anesthésiste-réanimateur, né à Albi en 1975, formé à la fac de médecine de Toulouse, est fils de viticulteur. Très attaché à ses racines tarnaises, il s’implique à fond dans son métier d’urgentiste mais aussi dans la propriété viticole familiale à Gaillac.

Avez-vous été surpris par la démission du docteur Ducassé et de son équipe ?

Vincent Bounes : Surpris oui, car je n’étais pas dans la confidence, mais je n’ai pas été pris au dépourvu car je devais prendre la relève en juin. Cela faisait un an qu’on travaillait ensemble sur cette transmission. Progressivement il me donnait les clés du Samu.Je pense que cette démission est plus un problème de personne dans lequel je ne rentrerai pas. Mais le Samu va quand même bien, c’est un beau service. L’ambiance est studieuse, l’équipe motivée et on a beaucoup de travail car on doit rendre un nouveau projet dans six mois.

Quelles en seront les grandes orientations ?

D’abord, on va essayer de faire aussi bien que nos prédécesseurs, poursuivre l’excellence dans le soin car le Samu 31 est très emblématique, c’est un des plus performants et on veut garder ce niveau de soin pour les patients. L’excellence, cela recoupe les délais de réponse aux appels, les moyens d’intervention, le nombre d’appareils etc. Ensuite on a un gros chantier sur les filières de soin des patients qui ont une pathologie particulière qui nécessite un transport vers une unité de soin spécialisée. La filière cardiologie par exemple a été très travaillée. Quel que soit l’endroit où un patient fait un infarctus, il sera rapatrié vers un centre hospitalier. La neurochirurgie d’urgence fait aussi partie de nos grands chantiers. Il s’agit d’identifier précocement la pathologie des accidentés et d’utiliser les moyens héliportés.

Justement, le Samu 31 a un nouvel hélicoptère

Oui, nous sommes le seul Samu, avec Paris, à avoir deux hélicos. De ce côté on est bien doté. On a reçu en février un Airbus T3, dernier né des hélicoptères sanitaires. Il est plus puissant, a la capacité de transporter plus de matériel embarqué et il est plus ergonomique. Nos hélicos tournent énormément car on a des zones rurales mal desservies. (1700 sorties aériennes du SMUR en 2015, N.D.L.R.)

Comment concevez-vous votre rôle de patron de Samu ?

À mon sens il faut être assez diplomate, bien s’entendre avec les partenaires : police, gendarmerie, pompiers, ambulanciers, collectivités. Le Samu, c’est l’hôpital tourné vers l’extérieur. Pour ma part je vais continuer à faire mon métier d’anesthésiste-réanimateur car j’aime soigner les gens et je pense qu’il faut être sur le terrain pour se confronter à la réalité et savoir s’adapter.

Pourquoi avez-vous pris cette orientation d’urgentiste ?

C’est une rencontre avec Jean-Louis Ducassé. Il était et il est toujours mon mentor. J’ai commencé à travailler avec lui sur la prise en charge de la douleur, il y a dix ans. Le métier d’urgentiste est passionnant, c’est un secteur très à part. En 2017 il y aura une vraie reconnaissance de cette médecine, avec une formation doublée, quatre ans d’internat au lieu de deux. Au CHU on est très impliqué dans la formation, grâce notamment au professeur Sandrine Charpentier.

Il faut un mental particulier pour faire ce métier ?

On reste des humains, souvent confrontés à des situations très dures. Mais maintenant on a une cellule psychologique qui peut nous aider. Ce fut le cas lors de l’affaire Merah. Dans le chapitre de l’angoisse c’est l’épisode le pire que j’ai vécu depuis que je suis au Samu. J’étais à la cellule de crise. On a vécu quelques nuits infernales, en alerte maximum.

Le Samu est-il prêt à répondre à une attaque terroriste ?

Oui, on s’entraîne plusieurs fois par an avec l’ensemble des secours, pour affronter des attaques multisites. On a un exercice préfectoral prévu très bientôt.

On sait que vous avez une deuxième passion, la vigne

Oui, j’ai des racines paysannes et dans le domaine viticole de mon père, je m’occupe plus particulièrement de la vinification. Dès que je peux je vais à Gaillac, cela me ressource. Je me suis aperçu que je portais un prénom prédestiné, Vincent, qui réunit le vin et le sang. Les métiers de médecin et vigneron demandent les mêmes qualités : exigence, travail et passion.

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