Technologie médicale: kit de dépistage des allergies

Technologie médicale: kit de dépistage des allergies

Le kit de dépistage des allergies d’Abionic déboule en pharmacie

Technologie médicale – Développé et produit à l’EPFL, l’appareil de la société lausannoise permet des tests rapides et multiples sur les patients.

Nicolas Durand piaffe d’impatience. Honoré de plusieurs prix pour le dispositif de dépistage des allergies qu’il a mis au point à l’EPFL, sécurisé par le feu vert des autorités de certification médicale, le jeune entrepreneur lausannois espère désormais diffuser largement son nouveau kit de tests rapides auprès des pharmacies de Suisse romande avant de viser le marché mondial. A peine six ans après la naissance de sa société, Abionic, il veut la voir passer rapidement du statut de start-up à celui de PME, en rêvant de suivre l’exemple de Nespresso, dont le modèle d’affaires est similaire.

Grâce à sa technologie novatrice, relevant de la nanotechnologie, le dispositif médical développé par l’équipe de Nicolas Durand permettra à l’avenir, grâce à une seule goutte de sang, un pré-examen de patients pour toute une série de maladies: anémie, diabète, etc. Toutefois, le kit est multifonctionnel et aussi susceptible de détecter les allergies alimentaires et, dans le futur, d’être utilisé pour un dépistage de maladies par la salive ou l’urine.

Depuis les premières ventes en novembre dernier de l’Abioscope, l’appareil de dépistage des cinq principales allergies respiratoires – acariens, chien, chat, bouleau et graminées –, une quinzaine de pharmacies en sont équipées. Le patron s’est fixé un objectif d’une cinquantaine dans les mois à venir, espérant ainsi convaincre des fonds d’investissement de soutenir son projet de commercialisation à grande échelle.

Une «usine» à l’EPFL
L’appareil est déjà en production dans les locaux d’Abionic, dans le Parc de l’Innovation à l’EPFL. Cinq personnes procèdent à l’assemblage des dispositifs de tests avec des composants fournis essentiellement par des entreprises suisses. Leur capacité de production est d’une centaine de tests par jour. Mais la société a obtenu un crédit bancaire pour l’acquisition d’une ligne d’assemblage automatique capable de produire dès juillet plus d’un million de kits par an et donc d’accroître fortement sa production! Le kit actuellement en vente compte sept capteurs. Afin de mettre en route la nouvelle installation, l’entreprise a cependant besoin d’un nouveau local plus spacieux dans la région, pour lequel elle cherche encore un financement.

Pour le patron d’Abionic, son dispositif de dépistage ouvre un nouveau marché pour les pharmacies, car toute une frange de la population atteinte de rhinite allergique ne se rend pas chez le médecin pour ce motif. Ces personnes pourraient être intéressées par cette solution de dépistage beaucoup plus rapide (15 minutes pour le test lui-même) et moins onéreuse que les analyses médicales traditionnelles, même si, en cas de détection, celles-ci servent à affiner les résultats. Les premiers pharmaciens qui en sont équipés – que l’ont trouve sur le site d’Abionic – accueillent d’ailleurs avec enthousiasme cette solution de «dépistage de 1er niveau».

L’utilisation de l’Abioscope par un professionnel de la santé est d’une grande simplicité. Il suffit de prélever un échantillon de sang au bout du doigt. Mélangé à une solution réactive contenant des molécules de détection, le sang est placé dans une capsule contenant des biocapteurs capables de détecter un ensemble d’allergies précises. La capsule est placée sur un disque, qui est inséré dans l’appareil. Les résultats s’affichent sur l’écran tactile. Ils peuvent alors être transmis sur smartphone ou tablette via une application spécifique qui permet d’obtenir un commentaire sur le test.

Molécules fluorescentes
Le système fait appel à la nanotechnologie, fonctionnant par interactions moléculaires dans les capteurs. Les protéines spécifiques à l’allergie sont en effet mesurées par voie optique avec un microscope intégré grâce à la présence des molécules fluorescentes capturées.

Agé de 34 ans, Nicolas Durand, qui a fait toutes ses classes à Lausanne, ne s’est pas formé dans les sciences de la vie, mais dans la robotique et la microtechnique, où il a décroché son master. C’est dans le cadre de son doctorat en nanotechnologie qu’il a eu l’idée de développer cette nouvelle solution de dépistage. Il a franchi ensuite au pas de charge les différentes étapes de la mise sur le marché de son dispositif. De l’idée au développement de la technologie, puis la mise au point du produit, le design industriel, et enfin la commercialisation du produit, moins de six ans se sont écoulés. Une trajectoire rare pour une innovation de ce type.

Nicolas Durand a pu convaincre les experts de la Fondation pour l’innovation technologique (FIT), une institution vaudoise née d’un partenariat public-privé afin de booster les start-up, puis des investisseurs privés – des business angels – qui ont mis 9 millions de francs sur la table pour la première phase de commercialisation. Ceux-ci sont désormais actionnaires de la société. Le fondateur détient aujourd’hui moins d’un cinquième du capital. Malgré le prêt d’une grande banque accordé pour la nouvelle installation de production de capteurs, le fondateur d’Abionic se désole de la difficulté à trouver des fonds d’investissement importants prêts à soutenir la diffusion de son produit en série. La société, qui a déjà une antenne aux Etats-Unis, est pourtant prête, à en croire Nicolas Durand, à lancer son dispositif médical au niveau mondial.

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