Une journée dans les coulisses du SAMU 76

Une journée dans les coulisses du SAMU 76

Un code bloque l’entrée du Centre de Régulation de Réception des Appels. “Nous sommes en plan vigipirate”. Je m’installe près du médecin, qui ne cesse de recevoir des appels de personnes en détresse. “On va être entrecoupée sans arrêt”, me sourit-elle. Les appels se suivent sans jamais se ressembler. Je suis étonnée du calme avec lequel les médecins gèrent des situation parfois compliquées. Psychologiquement, c’est plus que difficile.

Chronologie d’un appel

L’auxiliaire de régulation médicale est le premier interlocuteur du requérant. “Il est impératif que la personne réponde à ces trois questions : Qui est-elle ? Où est-elle ? Pourquoi appelle-t-elle ?”. Un médecin régulateur prend ensuite le relai. “On définit la gravité de la situation et on décide du moyen le plus adapté. Soit on envoie une équipe médicalisée Structure Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR), soit on envoie une ambulance privée et/ou un véhicule de sapeur pompier, soit on donne un conseil médical”, rapporte France Costentin. Sur les 320 000 appels reçus chaque année, les médecins régulateurs font le tri. “Si on explique au patient que sa situation ne nécessite pas une intervention de la SMUR, il doit nous faire confiance”, explique Benoït Janoel, médecin au SAMU.

“Les témoins sont nos yeux sur place”

Mais pas question pour les médecins régulateurs de ne pas suivre leurs patients. “Les moyens de secours nous envoient un bilan, on suit donc l’intervention du début à la fin”. Cela leur permet de savoir s’ils n’ont pas sous-estimé l’urgence et si le bon moyen de secours est intervenu. Dans tous les cas, si le patient est en mesure de parler, c’est toujours préférable pour le médecin qui peut évaluer au mieux l’état du blessé.
L’appel redouté de ces hommes en blanc, est l’arrêt cardiaque. “Cela commence souvent par une douleur cardiaque constrictive qui se poursuit dans le bras gauche et parfois jusqu’aux mâchoires. Le doute doit toujours bénéficier au patient”, explique France Costentin, également responsable de la communication du service et coach en développement personnel. Et une décision doit être prise rapidement par l’équipe du SAMU car chaque minute compte. Et lorsqu’une intervention de la SMUR est nécessaire, tout est prêt en salle de réarmement. Valise rouge pour les perfusions, valise bleue pour les problèmes respiratoires, sac pédiatrique et d’accouchement tandis que les voitures sont pleines à craquer de matériel préparé à l’avance et de brancards prêts à accueillir les blessés.

Finalement ce matin, aucune urgence “vitale” qui ne nécessite l’envoie d’une SMUR. “Vous nous portez bonheur, en général à cette heure-ci toutes les équipes sont dehors”, s’exclame l’équipe. Je serais bien restée plus longtemps si ma présence avait pu permettre d’éviter les accidents mais malheureusement, “le hasard est une loi qui voyage incognito”.

 

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