Dans le coeur du secours avec Sandra Chenu Godefroy

Dans le coeur du secours avec Sandra Chenu Godefroy

Emergency Live entre dans le coeur du secours avec une reportage-interview à la reporter Sandra Chenu Godefroy, photographe d’action spécialisée dans les domaines du secours, de la sécurité, de l’aéronautique et la prise de vue en conditions extrêmes.

  • Reportage sur l’alerte SAR tenue à Charbourg par la flottille 32F-1
  • Reportage sur l’hélicoptère de secours de Sysselmannen à Svalbard (2012)-2
  • Pompiers de Paris prenant en charge une victime dans le cadre d’un entraînement NoVi
  • Reportage sur l’hélicoptère de secours de Sysselmannen à Svalbard (2012)-3
  • Militaires et pisteur traînant une victime d’avalanche lors d’un exercice d’ampleur
  • Reportage sur l’hélicoptère de secours de Sysselmannen à Svalbard (2012) -1

 

Pourquoi la choix de travailler dans ce domaine?

J’ai grandi à Grenoble, depuis ma fenêtre je voyais l’Alouette 3 du secours en montagne prendre la direction des massifs.

  • Equipe Cynophile de Secours en Montagne
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Légende: Reportage sur le Peloton de Gendarmerie de haute montagne de l’Isère (2008)

Ca pourrait être une anecdote anodine, mais je crois que c’est de là que vient mon admiration de gosse pour ce monde du secours et les secouristes. Encore aujourd’hui en reportage, il y a toujours une part de moi qui me revoit enfant face à cette fenêtre attirée par le bruit de l’helico en me disant qu’il y avait quelquepart des gens perdus ou blessés, et que l’hélico des super-héros partait les sortir de ce faux pas !

Alors quand j’ai choisi de consacrer ma vie à la photographie, j’ai suivi le conseil d’un de mes professeurs « photographiez ce que vous aimez, racontez les histoires qui selon vous le méritent et ne le sont pas assez ». Je me suis tournée vers la photo d’action, les mondes de l’armée, de l’aéronautique, de la police et du secours. Je ne me suis pas arrêtée à un seul de ces domaines, pour pouvoir me renouveller, pour ne pas faire « toujours la même chose ». J’adore l’idée de ne jamais faire le même métier deux semaines d’affilée, de croiser des gens, d’emprunter leur quotidien quelques temps, de le raconter en image, et de repartir à la rencontre d’autres gens…

Quels sont les expériences les plus intéressantes ?

Si je m’arrête à la partie strictement secours de mon travail, je dirai assurément « le feu ». Il y a quelque chose d’à la fois magnifique et monstrueux dans la lutte de pompiers contre ces flammes qui dévorent tout sur leur passage.

2116-52-0570Légende: Sapeurs pompiers sous en roll-over au Fort de Domont

D’un point de vue photo, ce sont des images très difficiles à faire, déjà parce qu’aucun boîtier photo n’est fait pour supporter ces températures, mais aussi parce que le feu c’est des alternances de très basses lumières et d’éclats lumineux, donc techniquement c’est du tout manuel et des réglages sur-mesure pour chaque photo. Entre ce travail intellectuel et les difficiles conditions de prise de vue, je suis littéralement vidée après chaque feu.

En terme d’expérience humaine, j’apprécie aussi beaucoup de passer un peu de temps en immersion avec des petites équipes de secours. Ces gens se connaissent bien, ont souvent les même valeurs, vivent, travaillent et prennent des risques ensemble, ça créée une alchimie. C’est très interessant de partager leur vie. Je dois toujours faire le necessaire au début pour qu’ils m’acceptent parmi eux, mais quand c’est le cas, c’est génial !

1317-05-0184Légende: Visage d’un plongeur de la gendarmerie fluviale émergeant d’un lac recouvert de glace

Quels sont les points critiques de ce travail?

Il y en a plusieurs. Le plus évident, c’est l’impératif de ne jamais être un poids mort pour ceux qui m’accueillent. Ca se traduit de plein de façons : conserver toujours une forme physique qui permette de passer partout, avoir un matériel adéquat et savoir s’en servir, écouter les consignes qu’on me donne. L’idée c’est qu’en aucun cas une opération de secours ne doive être déclenchée pour la photographe, alors comme je ne sais pas refuser une belle opportunité de reportage, même si c’est « chaud », ça m’oblige à m’entraîner très régulièrement pour avoir un physique rustique.

L’autre point critique, c’est de garder toujours du sens : un secouriste qui ranime une victime, un pompier qui éteint un feu, ils ont une vraie utilité dans l’action. La personne qui monte avec eux dans le camion ou dans l’hélico, elle est pas là pour prendre l’air ! Quand elle est photographe : elle est là pour raconter une histoire. Donc en aucun cas je ne dois penser « à moi » en tant que personne, qui pourrait réflechir ou subir la situation, mais en tant que fonction : je sais pourquoi je suis là, je fais mon travail, je prends mes images, c’est moins crucial que sauver des gens, mais c’est ma seule raison d’être là.

Comment vous travaillez à côté des services de secours?

De nos jours, il faut toujours montrer patte blanche au chef, expliquer son projet, dire ce qu’on a envie de raconter, le pourquoi, le comment… Alors souvent des gens me proposent des idées de sujets intéressants, par ma page Facebook notamment, je fais mes recherches sur le sujet, je réflechis à un angle qui me semble pertinent. Souvent je confronte mon projet au regard de gens qui sont des professionnels de ce que je veux raconter, pour éviter de tomber dans le « cliché ». Et après je vais voir les services de communication, pour la partie plus strictement organisationelle : où, quand, avec qui, pour quelle durée ?

Il y a toujours de vieux briscards qui sont pas très fana à l’idée d’accueillir un photographe parmi eux, mais en général, ça se tasse au fur à mesure des jours de reportage, et des discussions -parfois passionnées- dans la salle de repos. J’essaie toujours de me comporter comme une invitée : c’est moi qui me plie aux rythmes et aux habitudes des gens que je suis, pas l’inverse. Avec la confiance que l’équipe choisira de m’accorder ou pas, ma discrétion est ma meilleure garantie d’avoir des images authentiques !

Non seulement Secours…Mais aussi Armée, Sécurité, Aéro

  • Ascension de chasseurs alpins lors de l’exercice Cerces
  • Tir de nuit d’un ERC90 Sagaie au camp militaire de Mailly
  • Démineur de l’US Navy en tenue EOD9
  • CRS en maintien de l’ordre le soir du premier tour des élections présidentielles
  • Tireur d’élite du RAID en appui
  • Policiers en maintien de l’ordre place de la République à Paris
  • Hélicoptère EC145 Gendarmerie « choucas » de retour de nuit sur sa DZ de Modane
  • Reportage sur l’alerte SAR tenue à Charbourg par la flottille 32F (2016)-3
  • Reportage sur l’alerte SAR tenue à Charbourg par la flottille 32F (2016)-2
  • Reportage sur l’alerte SAR tenue à Charbourg par la flottille 32F (2016)-4

Site web : http://www.sandrachenugodefroy.com/

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