Aide médicale à mourir

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Aide médicale à mourir: Gaudreault déplore l’opposiiton

Les conseils d’administration des maisons de soins palliatifs mettent «du sable dans l’engrenage» en s’opposant à ce que l’aide médicale à mourir soit offerte entre les murs de leurs établissements, déplore la députée de Hull, Maryse Gaudreault, qui a présidé la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.

Alors que les 29 maisons de soins palliatifs du Québec se sont prévalues de la possibilité de retrait prévue dans la loi qui permettra l’aide médicale à mourir à compter de la mi-décembre, Mme Gaudreault estime qu’il s’agit d’une décision «malheureuse, puisqu’encore une fois, le citoyen n’est pas au coeur des décisions».

«C’est le citoyen qui a été invité à donner son opinion en commission parlementaire, souligne-t-elle. […] C’est toujours le citoyen qui a été placé au coeur des décisions, et là, maintenant, ce sont des administrateurs, les conseils d’administration des maisons de soins palliatifs qui viennent mettre du sable dans l’engrenage en ne respectant pas le choix des gens qui seront hébergés dans leurs centres.»

La députée de Hull comprend mal que les maisons de soins palliatifs refusent d’offrir l’aide médicale à mourir à ceux qui le souhaitent alors qu’elles proposent de la sédation palliative. «On endort la personne jusqu’à la fin de sa vie, alors pourquoi, si on permet cette pratique, on ne permettrait pas que l’injection soit définitive?» demande-t-elle.

La directrice générale de la Maison Mathieu-Froment-Savoie (MMFS), Suzanne Fitzback, fait pour sa part valoir que la mission des centres de soins palliatifs est «d’héberger et d’accompagner les personnes en fin de vie». «Nous, on soulage la souffrance physique et psychologue par la médication et avec des intervenants qui accompagnent les gens, dit-elle. […] Il n’y a aucun médecin ici qui veut pousser la seringue (pour l’aide médicale à mourir).»

Dans l’éventualité où un patient se trouvant à la MMFS demanderait un tel service, Mme Fitzback indique qu’il serait dirigé vers la ressource appropriée au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), qui sera tenu de l’offrir.

Du côté de la résidence Le Monarque

La résidence Le Monarque de Montebello n’offrira pas non plus l’aide médicale à mourir, puisque cet acte ne cadre pas dans sa «vision», affirme Manon Cardinal, fondatrice de l’établissement et coordonnatrice aux soins et bénévoles.

«Il y a un cheminement qui doit se faire pour les personnes en fin de vie et leur famille et c’est ce qu’on veut favoriser dans une maison de soins palliatifs», a indiqué Mme Cardinal. Cette dernière soutient que sur les 61 patients hébergés depuis l’ouverture du centre l’an dernier, deux ont évoqué l’aide médicale à mourir. «Il s’agissait plus d’appels à l’aide soudains que des gens qui y tenaient fermement. Nous avons pu gérer ces cas de détresse psychologique», précise-t-elle.

Le CISSSO prépare de son côté les procédures à suivre lorsque la loi entrera en vigueur. Il n’est pas encore décidé dans quel établissement de la région le service sera offert, et il reste encore à valider quels seront les médecins qui accepteront de le faire.

Maryse Gaudreault juge pour sa part qu’il serait souhaitable d’éviter de transférer une personne en fin de vie afin de favoriser le déplacement des médecins qui accepteront d’offrir l’aide médicale à mourir vers l’endroit où se trouve le patient.

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