Attaque terroriste en Côte d’Ivoire

Attaque terroriste en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : Aqmi revendique l’attaque terroriste de Grand-Bassam

Aqmi a revendiqué l’attentat de la station balnéaire très populaire de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, qui a fait au moins 16 morts dimanche. Des ressortissants français, allemand, burkinabé, malien et camerounais figurent au nombre des tués.

Quelques heures après l’attaque de trois hôtels de bord de mer à Grand-Bassam, dimanche 13 mars, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’assaut qui a fait au moins 16 morts, dont 14 civils et deux policiers. C’est la première fois que la Côte d’Ivoire est victime d’une attaque terroriste jihadiste de ce type.

Selon le spécialiste des réseaux jihadistes à France 24 Wassim Nasr, « Mokhtar Belmoktar a toujours voulu pousser les attaques d’Aqmi vers le Sud. Ils sont ceux qui ont commandité les attaques de Ouagadougou et Bamako. Cela s’inscrit dans la continuité de la lutte au Sahel, dans une guerre qui cible les lieux de rencontres des Occidentaux et déstabilise les économies de ces pays africains. »

Le communiqué de revendication d’Aqmi, écrit en arabe et diffusé via l’application de messagerie instantanée Telegram, explique que trois assaillants ont pris part à l’attaque, précise Wassim Nasr alors que le gouvernement ivoirien a, de son côté, affirmé avoir neutralisé six terroristes.

L’attaque a débuté dimanche, à 12h30 (heures locale et GMT). Six hommes armés sont arrivés sur la plage (de l’hôtel l’Étoile du Sud) de Grand-Bassam, une ville côtière située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan, (…) et ont ouvert le feu sur les touristes, les clients. Selon des témoins, les tueurs, qui ont accédé à la plage par une
allée, ont tiré sur les nageurs et les personnes prenant le soleil, avant de viser les hôtels, remplis de clients à l’heure du déjeuner. L’attaque a provoqué des scènes de panique, plusieurs centaines de personnes tentant de quitter la zone quadrillée par d’importantes forces militaires.

Le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a précisé qu’il y avait des ressortissants français, allemand, burkinabé, malien et camerounais au nombre des tués.

« Fier de nos forces de sécurité »

Le président Alassane Ouattara s’est rendu en milieu de journée sur les lieux, et a dénoncé une attaque « terroriste ». « Les six assaillants ont été neutralisés en quatre heures de temps. Le bilan est lourd. […] Je présente mes condoléances aux familles des personnes assassinées. Je suis très fier de nos forces de sécurité qui ont réagi rapidement » a déclaré le chef d’État ivoirien.

Selon un journaliste de Reuters présent sur place, au moment de l’attaque, Alassane Ouattara se trouvait sur une plage voisine, celle d’Assinie, où une soirée de gala avait été organisée la veille.

Les autorités ivoiriennes ont ouvert une enquête dès dimanche. Hamed Bakayoko a déclaré que la police scientifique ivoirienne avait en sa possession un téléphone portable qui permettra aux enquêteurs d’examiner toutes les ramifications et de remonter à la source.

Le président français François Hollande a de son côté dénoncé un « lâche attentat » dans lequel « au moins un Français » a été tué.

« La France apporte son soutien logistique et de renseignement à la Côte d’Ivoire pour retrouver les agresseurs. Elle poursuivra et intensifiera sa coopération avec ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté.

Premier attentat de masse en Côte d’Ivoire

Ville historique et ancienne capitale coloniale sur la côte du golfe de Guinée, Grand-Bassam abrite plusieurs hôtels fréquentés par une clientèle d’expatriés, le long d’une plage où afflue la population abidjanaise en fin de semaine. C’est la première fois que le pays est la cible d’une attaque contre une zone touristique, alors que le secteur se remet lentement de 10 ans de crise socio-politique.

De sanglantes attaques jihadistes ont visé ces derniers mois des hôtels de Bamako et Ouagadougou, les capitales malienne et burkinabè. Mais la Côte d’Ivoire, frontalière du Mali dont les jihadistes ont un temps occupé le Nord avant d’être chassés par une intervention militaire française, avait jusqu’ici été épargnée par les attentats de masse.

Mais nombre d’analystes s’attendaient à ce qu’elle soit visée, comme le Sénégal, pays très touristique. Dans une interview au site mauritanien Al-Akhbar en janvier, un chef d’Aqmi, Yahya Abou El Hamame, menaçait les alliés des « Croisés » de « les frapper, ainsi que les intérêts occidentaux chez eux ». La Côte d’Ivoire participe à la force de l’ONU déployée au Mali et un peu plus de 550 militaires français sont stationnés dans le pays.

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