CATSUF: communiqué de presse en réponse aux attaques des syndicats Sapeurs-Pompiers

CATSUF: communiqué de presse en réponse aux attaques des syndicats Sapeurs-Pompiers

Suite à divers contacts avec les médias nationaux en lien avec l’actualité et la « fausse grogne » des sapeurs-pompiers qui multiplient les attaques contre la profession, le CATSUF a souhaité réagir afin de ne pas laisser la vérité inconnue du grand public.

Comme journal des urgences, Emergency Live est toujours interessé à la voix des protagonistes du monde de secours. On reçoit donc et publie le suivant communiqué de presse par CATSUF:

À titre liminaire, il convient d’emblée de soulever qu’il n’appartient pas aux ambulanciers de juger les difficultés invoquées par les sapeurs-pompiers concernant des dispositions propres à leur cadre de rémunération, d’avancement, de grade et autres organisations internes.

En revanche, depuis maintenant plusieurs semaines, les sapeurs-pompiers manifestent par la voie de leurs syndicats en attaquant vertement les ambulanciers, les accusant de ne pas assumer le rôle qui leur serait dévolu.

Face à de pareilles accusations grotesques à la limite de l’injure, le collectif ambulancier des transports sanitaires et d’urgences de France, association nationale la plus déployée, tient à porter haut et fort la parole des ambulanciers Français face aux déclarations mensongères qui sont proférées dans la presse et les divers médias, tant nationaux que locaux.

Dès 2005 dans un encart apporté au rapport du budget, le Sénat alertait sur les dérives dangereuses des coûts des services départementaux d’incendie et de Secours.

En 2009, le dispositif ambulancier français, fort de plus de 5500 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire national, disposant de 10 000 véhicules sanitaires animés par 60 000 professionnels de santé, formés, qualifiés et dont les prérogatives en matière de secours à victime sont prévues par la Loi, s’imbriquait tant bien que mal avec les dispositifs publics.

Les ambulanciers privés sont compétents sur l’ensemble du secours d’urgence comme il est rappelé par l’arrêté ministériel du 5 mai 2009, ils interviennent pour sauver des vies sur les urgences vitales comme indiqué au même arrêté, ceci quotidiennement à la demande des SAMU et apportent un maillage de proximité en parallèle de celui des sapeurs-pompiers.

Fort d’un diplôme d’état du Ministère de la santé et régulièrement recyclé dans l’objectif de maintenir les acquis, les ambulanciers subissent l’opprobre vexatoire et humiliante de certaines corporations qui méconnaissent totalement les dispositions légales en vigueur et ne prennent ni la peine de se renseigner dignement, ni ne font preuve d’une volonté de progrès constructif dans le seul intérêt des victimes et de la population.

Fin 2011, dans un rapport public la cour des comptes alertait de nouveau le gouvernement, rappelant qu’à compétences égales, une ambulance privée revient à un coût horaire de 90 à 110 euros là ou un véhicule de Secours à victime des sapeurs-pompiers est de 230 à 1160 euros horaire (selon les régions) soit presque 11 fois supérieur pour une qualité de secours à personne identique. Et alors même que le dispositif ambulancier de secours est sous-utilisé.

Les hauts magistrats financiers vont même plus loin, puisqu’ils suspectent également certains SDIS de «gonfler» les statistiques afin d’obtenir plus de crédit des collectivités territoriales, alors même que l’impact budgétaire des sapeurs-pompiers sur les impôts locaux se fait sentir.

En 2014 le rapport de l’Inspection générale de l’administration puis le rapport de monsieur le député Morange, rappellent une nouvelle fois les dispositions de la cour des comptes, et insistent sur la nécessité de réorganiser le secours à victime et le transport sanitaire, signalant une augmentation des coûts puisque paradoxalement le dispositif français ambulancier est totalement sous-utilisé face à une omniscience des sapeurs-pompiers.

Les ambulanciers se sont émus en juin 2015 alors que le gouvernement, poussé par un lobbyisme malsain, totalement déconnecté de la réalité et au détriment de la population, a édicté une circulaire qui élargissait encore la typologie des interventions des sapeurs-pompiers qui devenaient ainsi de leur seul ressort.

Plus grave encore, cette circulaire qui privera les SAMU de la possibilité d’adapter les moyens, et par incidence les coûts que représentent le secours à victime, alors même que du fait de celle-ci, dans certains départements, les ambulanciers n’intervenaient plus et se désengageaient de leur mission dont les conditions d’exercices devenaient ainsi insoutenables.

Aujourd’hui il est temps d’alerter la population, les français victimes de malaise cardiaque pour qui une ambulance privée de secours et de soins d’urgence qui se trouverait à quelques kilomètres pourrait intervenir, se verra déclencher les sapeurs-pompiers sans distinction de délai et/ou de distance avec le critère de surcroît de la mobilisation potentielle de volontaires qui ne se trouveraient parfois pas à la caserne.

Il est totalement intolérable de lire que les ambulanciers soient relégués aux missions dites non-urgentes (dont le manque d’humilité de certains propos ramenant les personnes en détresse psychiques, alcoolisée, ou ayant chuté à des missions de «Taxi» sont particulièrement émétiques), alors qu’ils disposent de tous les moyens de premiers secours et de réanimation dans l’intérêt souverain de la population.

Alors qu’avons-nous donc désormais, 1000 pompiers allongés sur le périphérique Parisien qui viennent maintenant hurler à la face du gouvernement (aussi fautif dans l’histoire) qu’ils n’ont plus les moyens d’assurer leurs missions ?

Devons-nous rire ou pleurer de la situation, devons-nous nous apitoyer ? et bien non, il est hors de question de laisser peser sur les épaules des français la culpabilité du trop grand nombre d’appels ou de mission qui engorgent désormais les centres de réception du 18, aujourd’hui le résultat du désengagement progressif des ambulanciers dans certains départements, de l’explosion du nombre de mission dévolues aux sapeurs-pompiers et des difficultés que ceux-ci rencontrent au quotidien.

Nous avions alerté le gouvernement sur cette dérive dangereuse, nous avions alerté les Ministères de la Santé et de l’Intérieur sur la privation des prérogatives de moyens faites aux SAMU de France, nous avions alerté sur les risques qu’encouraient les sapeurs-pompiers à vouloir, par le biais de leurs diverses fédérations, «tout prendre» en écrasant lamentablement les autres corporations.

Les sapeurs-pompiers désormais ne récoltent que ce que leurs organes de propagandes et de lobbysme ont bien voulu semer.

Nous le répétons, le système de secours à victime français n’est pas mort, n’est pas en danger, seul le corporatisme aveugle qui a permis de cloisonner les moyens de secours et qui prive de la liberté d’envoyer des vecteurs parfaitement adaptés aux appels des SAMU, est responsable.

Les ambulanciers rejettent totalement les accusations infamantes que font peser les syndicats de sapeurs-pompiers sur leur dos et renvoient dos à dos le Gouvernement et certaines fédérations face à leur responsabilité dans cette situation, tout comme nous nous tenons prêts à soutenir le débat dans les médias si il nous est proposé, notamment afin de rétablir la vérité sur le quotidien d’une profession méconnue du public.

Nous réitérons enfin, qu’il n’existe pas de «guerre» entre ambulanciers et sapeurs-pompiers qui collaborent étroitement sur le terrain dans le seul intérêt des victimes, et qu’il suffit d’une répartition équitable des moyens de secours en fonction de la proximité de la victime et non d’une répartition politico-corporatiste faite au détriment de la population.

Comme le disait Jean de la Fontaine, «la chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva….»

Emmanuel Piquet-Pellorce
Ambulancier Diplômé d’Etat
Président National du CATSUF

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