Comment l’aide médicale à mourir va s’appliquer

Comment l’aide médicale à mourir va s’appliquer

La loi sur l’aide médicale à mourir sera en vigueur en décembre. Beaucoup de médecins sont inquiets, se posent des questions sur leur rôle.

Le Collège des médecins vient de publier un guide très précis sur ce qu’ils peuvent faire, et ce qu’ils doivent faire.

D’abord, seuls les patients en fin de vie pourront obtenir l’aide médicale à mourir.

Un expert consulté évalue que seulement environ 2% des patients en fin de vie pourraient la demander.

C’est la personne en fin de vie, majeure et apte à décider, qui devra elle-même faire une demande à l’aide d’un formulaire prescrit par le ministre de la Santé.

Elle devra être atteinte d’une maladie grave et incurable, connaître un déclin avancé et irréversible, être atteinte de souffrances constantes et insupportables.

Le patient pourra retirer sa demande en tout temps. Seuls ceux et celles admissibles à l’assurance maladie du Québec auront droit à l’aide médicale à mourir.

«Ça, c’était une décision pour éviter du tourisme médical. On va être le premier État en Amérique du Nord à pouvoir offrir l’aide médicale à mourir en fin de vie» dit le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins.

Comment cela va-t-il se passer?

Seule l’administration intraveineuse des médicaments sera autorisée, avec une posologie unique.

Ces médicaments devront être dans une trousse scellée, avec un double en cas de bris ou d’erreur de manipulation.

C’est le médecin qui récupérera les médicaments, selon un protocole précis. «Le geste lui-même, ou l’acte lui-même, est réservé au médecin», précise le Dr Robert.

Il devra aussi obtenir l’avis d’un second médecin avant de procéder.

L’aide médicale à mourir s’effectuera en trois temps.

Il y a d’abord l’anxyolise, c’est-à-dire qu’il faut calmer le patient. Puis, le coma artificiel; et enfin, l’arrêt respiratoire.

«Ça peut jouer entre 15 et 30 minutes, quelque chose comme ça», note le Dr Robert.

«C’est un acte pour lequel il va falloir être extrêmement respectueux -respecter l’intimité des gens et la volonté des personnes- et faire en sorte de laisser le temps aussi aux familles et aux équipes traitantes», conclut le Dr Yves Robert. «C’est pas l’euthanasie sur demande».

Dernièrement, les directions des 29 maisons de soins palliatifs ont fait savoir qu’elles n’offriront pas l’aide médicale à mourir. Cela n’est pas contraire à la loi, note le Collège. Elles ont le droit de déterminer quels sont les soins de fin de vie qu’elles offrent dans leurs locaux.

«Je suis pas là pour faire obstruction à l’aide médicale à mourir. Je suis là pour donner des soins palliatifs. Et si quelqu’un en cours de route change d’idée, je vais faire en sorte qu’il ait ce qu’il demande», souligne la Dre Christiane Martel, spécialiste en soins palliatifs.

Et rappelons que la loi permet au médecin de ne pas participer à l’aide médicale à mourir.

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