Coronavirus MERS en Corée du Sud

Coronavirus MERS en Corée du Sud

Séoul, Corée du Sud: Les autorités sanitaires coréennes viennent de communiquer, le 12 juin, un nouveau bilan de l’épidémie de coronavirus MERS CoV qui sévit depuis le mois de mai dans le pays. Au total, 126 personnes ont été infectées, 11 en sont mortes et 3 680 personnes étaient en quarantaine.
La seule relative bonne nouvelle vient d’une baisse du nombre de nouveaux cas quotidiens : 4 le 12 juin, 14 le 11 et 13 le 10.

Il faut dire que les cas recensés ces derniers jours étaient quasiment tous en rapport avec des contaminations qui ont eu lieu fin mai au Samsung Hospital. C’est dans cet établissement qu’a séjourné le patient 14 qui avait été infecté à l’occasion d’une hospitalisation à l’hôpital Pyenongtaek qui avait accueilli le patient index. Le patient 14 a été admis aux urgences en raison d’une détresse respiratoire mais le diagnostic de MERS CoV n’a pas été fait immédiatement. Il est resté sur un brancard dans le couloir des urgences en attendant un lit pendant plus de 36 h. A cette occasion, il a infecté un total de 47 personnes (46 dans le service des urgences et une dans le service d’orthopédie qui avait utilisé les toilettes des urgences).

Depuis cette contamination, des mesures très strictes d’isolement des patients potentiellement infectés ont été mises en place. La baisse du nombre de contamination pourrait être l’effet de ce renforcement des procédures mais ne présage en rien de la suite.

D’ailleurs, en prévision des conséquences négatives de l’épidémie de MERS CoV sur l’économie du pays,la banque centrale de Corée a réduit son taux de base de 25 points pour le porter à 1,5%, son plus bas niveau historique. Déjà, les prévisions de croissance sont revues à la baisse, les coréens fréquentent moins les centres commerciaux et les achats plus conséquents (équipements, immobilier) semblent aussi stagner.

Une diffusion inquiétante autour du cas index

L’histoire débute début mai avec un homme de 68 ans (cas index) qui a visité des fermes dans le petit royaume de Bahreïn entre le 18 avril et le 3 mai. Précisons qu’au cours de son séjour dans le golfe, aucun contact particulier avec les dromadaires, hôte du MERS CoV, n’a été signalé.

A son retour, néanmoins, il présente de la fièvre et de la toux. D’abord soigné par sa femme, il est ensuite hospitalisé le 15 mai devant l’absence d’amélioration des symptômes. Ce n’est que le 20 mai que le diagnostic de MERS CoV est porté. Et depuis ce jour, c’est une avalanche de cas qui est rapportée chaque jour par les autorités sanitaires : la femme du patient index, son voisin de lit (le cas index a partagé sa chambre avec un autre malade avant le 20 mai qui ne présentait pas d’atteinte pulmonaire au moment de son hospitalisation), un enfant de son voisin de lit, 5 soignants, 10 patients hospitalisés dans le même service…A ce jour, deux décès ont été rapportés par le ministère sud-coréen de la Santé et du Bien-être : une femme de 58 ans et un homme de 71 ans.

Des transmissions par contact ont déjà été décrites avec ce virus, mais c’est la première fois qu’une telle épidémie nosocomiale est décrite.

Un couac dans la surveillance sanitaire

Différentes hypothèses ont été proposées pour expliquer cette épidémie nosocomiale : l’absence de prise en compte de la nécessité d’isolement respiratoire bien sûr (en particulier pour un patient venant d’une région endémique pour le MERS CoV), l’absence de précautions des soignants puisque des cas ont été signalées dans tout le service d’hospitalisation, l’utilisation d’aérosols pour traiter les patients (ce qui avait déjà contribué à diffuser le SRAS en 2003), une intubation un peu systématique des patients et un transfert en réanimation…

D’autres questions se posent notamment vis-à-vis des mesures de quarantaine et de protection des patients et des soignants dans un pays déjà sensibilisé au risque d’épidémies. En effet, si des cas secondaires étaient attendus, une telle incidence de malades chez les soignants et l’apparition de cas tertiaires (patients voisins de chambre de patient infectés dans le service d’origine ou de patients infectés par un nombre de leur famille) pose question.

En outre, le voyage en Chine et à Hong-Kong par avion, puis par bus du fils d’un patient diagnostiqué en Corée pose aussi question. Les autorités sanitaires de Corée ont été accusées par la Chine d’être incapables de faire respecter les quarantaines.

Il semblerait, d’après les premières données virologiques, que le virus n’ait pas muté et qu’il ne soit donc pas un « superpreader ». Des investigations complémentaires sont en cours. La gestion de cette crise sanitaire par la Corée va indéniablement soulever des questions.

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