Crise cardiaque dans la Manche : le Samu condamné

Crise cardiaque dans la Manche : le Samu condamné

Ils sont 373 000 les euros que l’hôpital de Saint-Lô (Manche), auquel est rattaché le Samu 50, devra verser à la famille d’un ouvrier ayant succombé à une crise cardiaque, à Cherbourg.

Dans l’arsenal de Cherbourg (Manche), en mai 2009, au 0h58, un ouvrier de la DCN (Direction des constructions navales) de Saint-Tropez appelle le Samu 50. Au téléphone l’homme, en précisant qu’il loge dans un hôtel de Cherbourg et qu’il est fumeur sans antécédent cardiologique, décrit une douleur à la poitrine associée à des palpitations. Récupéré automatiquement son adresse et numéro de téléphone, le médecin régulateur, à 1h02, envoie une ambulance privée avec deux secouristes.

L’intervention des ambulanciers sera qualifiée de « rocambolesque »

A’ 1h08, le patient inquiet, rappellera le Samu. L’ambulance appelle le Samu à 1h17 en indiquant qu’il est impossible de pénétrer dans l’hôtel et, entre 1h17 et 1h39, le Samu cherche par tous les moyens le code d’entrée. En fin à 1h39, policiers et pompiers sont envoyés pour une ouverture de porte. Les pompiers réussissent à accèder à la chambre du patient en pénétrant sans effraction dans l’hôtel. L’ambulance signale un arrêt cardiaque à 1h55 et, enfin envoyés sur place, les médecins du Service médical d’urgence et de réanimation (SMUR) de Cherbourg, à 2h03 tentent une réanimation qui échoue.

La famille du défunt a présentée une série de négligences à la CRCI (Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux) de Basse-Normandie. En octobre 2011 elle a conclu que la responsabilité de l’hôpital de Saint-Lô auquel est rattaché le Samu 50. En novembre 2013 la famille du défunt, faute d’offre d’indemnisation par l’assureur de l’hôpital de Saint-Lô, a transmis le dossier au tribunal administratif de Caen (Calvados) qui, le 13 novembre 2014, a examiné cette affaire.

Des fautes dans l’organisation des secours

Une simple pression sur un bouton à côté d’une des portes d’entrée, qui sont à proximité l’une de l’autre, suffisait pour pénétrer dans l’hôtel ; donc l’intervention des ambulanciers a été qualifiée de «rocambolesque» par le rapporteur public. Le tribunal, dans son jugement rendu fin novembre 2014, souligne que le décès est lié à un infarctus du myocarde compliqué par une fibrillation ventriculaire. «Face à une douleur thoracique, une maladie coronarienne doit être systématiquement recherchée par un interrogatoire détaillé puis par un examen clinique et un électrocardiogramme dans les plus brefs délais.»

Selon le tribunal un interrogatoire succinct et incomplet du patient, un classement de la situation en urgence vraie mais sans détresse vitale, l’envoi d’une ambulance simple alors qu’une équipe du SMUR de Cherbourg, proche de l’hôtel, était disponible, les fautes dans l’organisation des secours, sont tous fautes dans l’organisation des secours avec, au final, le décès du patient.
L’hôpital de Saint-Lô, déclaré responsable du décès, devra verser la somme de 373 000 euros pour couvrir la famille du défunt de la perte de revenus et le préjudice moral.

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