Croix-Rouge à Madaya: les cas entre la vie et la mort

Croix-Rouge à Madaya: les cas entre la vie et la mort

« On a vu des cas qui sont entre la vie et la mort » – La Croix-Rouge à Madaya

À Madaya, en Syrie, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) réclame de l’aide médicale d’urgence pour des gens « entre la vie et la mort » impossibles à évacuer.

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue qu’entre 300 et 400 personnes ont besoin de « soins médicaux spécifiques » pour « malnutrition aiguë sévère ».

« Nos équipes étaient sur place, on a vu des cas médicaux très graves, a expliqué la porte-parole du CICR à RDI, Dibeh Fakhr: « Il y a des cas dont la vie est vraiment en danger, entre la vie et la mort […] Ce qu’il faut aujourd’hui c’est vraiment de l’assistance médicale très urgente qui peut être donnée à Madaya. »

Assiégée par les forces du régime syrien depuis six mois, Madaya avait pu accueillir en soirée, lundi, des convois d’aide humanitaire dans le cadre d’un accord entre belligérants. Les organisations humanitaires ont également pu livrer des médicaments à Foua et Kefraya, deux villages chiites encerclés par la rébellion dans le nord de la Syrie.

Une situation catastrophique

Située à proximité de la frontière libanaise, non loin de Damas, Madaya a donc enfin reçu de la nourriture, les médicaments et les couvertures dont elle a cruellement besoin.

Mais ce qu’ont constaté les secouristes dépasse l’entendement, de dire Mme Fakhr du CICR : « Mes collègues étaient choqués hier par ce qu’ils ont vu. Des gens sont par terre, dans des couvertures; il n’y a même pas de matelas. Mes collègues ont vu des gens qui ont faim, oui, et qui sont vraiment dans des états médicaux graves ».

Selon l’estimation du patron des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, ce sont 400 civils qui doivent être immédiatement évacués de Madaya. Mais pareille opération pourrait nécessiter des mois de négociations. Sans compter qu’une fois en cours, l’évacuation nécessiterait un important dispositif de sécurité, comme l’a affirmé à RDI Mme Fakhr. « L’évacuation, c’est quelque chose qui est en train d’être discuté », dit-elle.

Le CICR souhaite pouvoir acheminer un autre convoi d’aide humanitaire jeudi à Madaya, qui compte 42 000 habitants. Parmi eux, il y a plus de 17 000 personnes qui ont quitté leur village pour se réfugier en ville.

Des gens meurent de faim

« Des rapports crédibles disent que des personnes sont mortes de faim […] Ce que nous avons vu à Madaya est sans comparaison […] par rapport à d’autres parties de la Syrie. » — Sajjad Malik, représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR),en téléconférence depuis Damas

Elizabeth Hoff représente l’OMS depuis 2012 à Damas. Elle était à bord du convoi qui a pénétré à Madaya lundi. Ce qu’elle y a vu l’a rendue « très inquiète » : « Les gens se sont rassemblés sur la place du marché. On en voyait beaucoup mal nourris, affamés. Ils étaient maigres, fatigués, bouleversés. Aucun visage ne souriait. Ce n’est pas ce qu’on voit d’habitude quand on arrive avec un convoi. Les enfants à qui j’ai parlé m’ont dit qu’ils n’avaient pas la force de jouer ».

Mme Hoff réclame pour l’OMS que le gouvernement syrien autorise un accès sans entrave et continu à Madaya. « La seule chose qui aidera la ville à long terme est la levée du siège », a déclaré la représentante de l’OMS à Damas qui rapporte que la population n’avait, pour s’alimenter, que de l’eau agrémentée « d’un peu de sel et de poivre ».

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