E-bola: un docu-fiction pour lutter contre le virus

E-bola: un docu-fiction pour lutter contre le virus

Fière de son avance dans la lutte contre le virus Ebola, l’Italie a présenté le 15 juillet dernier à Rome le film « La leçon e-bola », destiné au grand public comme aux professionnels de santé. Disponible gratuitement en streaming, ce docu-fiction s’accompagne de courtes séquences qui ont pour ambition de former les soignants, à l’échelle internationale, sur les moyens de prévention et d’enrayement de la pandémie.

L’épidémie a fait près de 11 261 morts en Afrique de l’Ouest depuis décembre 2013. Le virus Ebola continue à sévir et représente une menace dangereuse pour les populations. Alors que le Libéria avait officiellement été déclaré exempt de la maladie le 9 mai dernier, 2 nouveaux cas ont été identifiés depuis fin juin 2015. C’est donc pour sensibiliser la population mondiale que la société Falcon Production a réalisé un film disponible sur internet. Le docu-fiction a été présenté au ministère de la Santé italien le 15 juillet dernier à Rome lors d’une table ronde. Cette présentation en avant-première a réuni l’ équipe du film, les représentants des institutions sanitaires et de l’armée italienne ainsi que les ambassadeurs des principaux pays africains. A la fois destiné au grand public et aux soignants, ce long-métrage rappelle que la menace est toujours présente et que la lutte se poursuit. Là où nous pensions avoir éliminé le virus, l’épidémie explose. L’information des agents de santé est essentielle car ce sont eux qui se battent en ligne de front, explique Massimo Tortorella, président de cette société internationale spécialisée dans la réalisation de films de formation pour les soignants. Les principales personnes qui ont été formées sur le terrain en prenant en charge les personnes infectées sont décédées. 85% des médecins pensent que ce n’est que par la formation à distance que nous pouvons former les soignants à l’échelle mondiale en toute sécurité. Et cela n’a pas été chose facile de produire un film mêlant science et fiction. Ce fut très compliqué. On a dû adapter des éléments formatifs et d’actualités, ainsi que des savoirs scientifiques, pour les besoins du film. Nous avons travaillé avec l’université La Sapienza de Rome et l’institut national pour les maladies infectieuses Lazzaro Spallanzani (INMI) qui ont participé à l’écriture. Un chercheur a suivi toute l’élaboration. Des médecins italiens nous ont également aidés. Toutes ces collaborations nous ont permis de vérifier l’exactitude et objectivité du film. Pour nous, c’était très important.

La préparation, la formation et l’information : les meilleurs moyens de combattre le virus Ebola

« 85% des médecins pensent que ce n’est que par la formation à distance que nous pouvons former les soignants à l’échelle mondiale en toute sécurité. »

Forte de ses connaissances avancées, l’Italie a développé son expérience depuis près de 20 ans afin d’anticiper cette pandémie. Aujourd’hui, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas se tournent vers les Italiens pour se former à faire face à la contamination par le virus Ebola. Depuis des années nous étions en train de nous préparer pour ce type d’urgence. Les protocoles de prise en charge de la maladie Ebola ont été écrits à Rome, précise Giuseppe Ippolito, Directeur scientifique de l’institut national des maladies infectieuses. Il semble donc légitime que l’initiative de ce film, qui a pour ambition de former l’ensemble des soignants à l’échelle internationale, ait été prise en Italie. En l’absence de traitements et de vaccins, la formation des professionnels de santé représente en effet le meilleur moyen d’enrayer la maladie. Pour Fabrizio Pulvirenti, médecin d’Emergency et patient zéro qui a officiellement été déclaré guéri de la maladie le 2 janvier 2015, une nette différence s’est révélée entre le nord et le sud du monde avec le virus Ebola. Avec  » La leçon e-bola  » et la formation à distance, les connaissances seront transmises dans le monde entier.

Au début de la pandémie, les médecins n’ont pas été en mesure d’identifier immédiatement la maladie. Au début, par manque d’information et de formation, nous avons confondu la maladie Ebola avec le paludisme. Si nous avions la formation, notamment via ce film, nous aurions été formés et il n’y aurait pas eu tant de morts. Mais nous avons perdu deux mois avant d’identifier la le virus et réagir efficacement, relate Abdoulaye Traoré, représentant de l’ambassade de Guinée en Italie.

Un film et des séquences formatives pour uniformiser les actions internationales

« Une différence s’est révélée entre le nord et le sud du monde avec le virus Ebola. »

L’urgentiste Fabrizio Pulvirenti salue l’unité d’action des soignants engagés en Sierra Leone, en Guinée et au Libéria. Lorsque j’étais sur le terrain, il n’y avait aucune différence entre les médecins et les infirmières. On ne sentait plus de distinction. Là-bas, tous se battent pour un même but et essayent de faire ce qu’ils peuvent pour venir en aide aux populations. Une unité semblable est aujourd’hui indispensable au niveau institutionnel pour enrayer la pandémie. Alors qu’un rapport établi à la demande de l’OMS révèle son manque de coordination dans la gestion de la crise Ebola, l’unification des actions reste un atout majeur. A chaque fois que nous devons faire face à une urgence mondiale, telle qu’Ebola ou la grippe aviaire, la coordination entre l’établissement des protocoles et leur application fait défaut. Une conduite normalisée est fondamentale, explique le docteur Maria Grazia Pompa, membre de la Direction Générale de la Prévention Sanitaire au ministère de la santé italien.  » La leçon Ebola  » serait donc un moyen d’uniformiser mondialement les connaissances et la conduite à tenir devant la propagation de la maladie. Par ailleurs, les pays touchés semblent prêts à mettre tous les moyens pour faciliter son accessibilité aux soignants exerçant en Afrique. Les médecins guinéens ont été les premières victimes de cette épidémie. Nous ne savions pas comment se transmettait la maladie et, pendant très longtemps, les infirmières ont soigné les patients sans porter de gants. C’est la raison pour laquelle nous faciliterons la diffusion de cette vidéo à nos professionnels de santé, assure Abdoulaye Traoré. En outre, Massimo Tortorella souhaite que le film soit disponible en libre accès dans le monde. C’est une fiction, mais aussi un film de formation. Il a été présenté dans les principaux festivals du monde car il doit être vu . L’équipe de production espère que ce docu-fiction sera bien accueilli par les professionnels de santé. Une présentation de  » La leçon e-bola  » destinée aux médecins français est d’ailleurs prévue en France en octobre 2015.

« Lorsque j’étais sur le terrain, il n’y avait aucune différence entre les médecins et les infirmières. »

Lire l’article

About The Author

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*