Ebola : à Lyon 2 cas suspects

Ebola : à Lyon 2 cas suspects

Lyon, France – Deux patients suspectés d’avoir Ebola sont actuellement hospitalisés à Lyon. Une façon de rappeler à tous que l’épidémie de fièvre hémorragique est loin d’être enrayée. En effet, si le Libéria semble s’être libéré du virus, la Guinée et la Sierra Leone connaissent une recrudescence des cas . Médecins sans Frontières a d’ailleurs regretté la semaine dernière que les leçons de la crise n’aient pas été tirées.

Un cas très « crédible »

Un homme âgé de 20 ans a été pris en charge à l’hôpital de la Croix-Rousse ce lundi matin, en provenance du CHU de Grenoble où il avait été admis dans la nuit de dimanche à lundi pour des vertiges et une forte fièvre. L’hôpital lyonnais a également indiqué qu’un précédent patient dont on soupçonnait qu’il était atteint du virus Ebola avait été hospitalisé jeudi dernier et « isolé dans des locaux spécialement aménagés pour ce type d’accueil » avant d’être lui aussi transféré aux hospices civils de Lyon [1]. Pour rappel, l’hôpital de la Croix-Rousse fait partie des 12 établissements de santé métropolitains (13 avec la Réunion ) habilités à accueillir des cas possibles ou confirmés d’Ebola.

Si durant les neuf derniers mois, 675 cas suspects d’Ebola ont été signalés en France, aucun n’a cependant été confirmé jusqu’à présent. Néanmoins, la probabilité que ce nouveau cas grenoblois soit atteint du virus a été jugée sérieuse du fait qu’il a voyagé en Afrique de l’Ouest, et notamment en Sierra Leone où l’épidémie du virus Ebola n’a jamais été circonscrite et semblerait même repartir.

Reproduire les mêmes erreurs que par le passé

La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a en effet fait état de 16 nouveaux cas d’Ebola en Guinée, 15 en Sierra Leone, soit un nombre de malades en augmentation pour la deuxième semaine consécutive. Et la crainte que la situation de crise que nous avons connue l’an dernier ne se répète est très présente, et ce, d’autant que les leçons sont loin d’avoir été tirées.

Joanne Liu , présidente de Médecins sans Frontières (MSF) s’en inquiétait lors d’une conférence organisée à Dakar (11 au 13 Juin 2015). Dans une vidéo, l’humanitaire canadienne signalait l’existence d’une trentaine de cas d’infection par Ebola en Guinée, 9 « districts » contaminés et la propagation du virus dans de nouveaux districts [3]. Et déplorait que l’on puisse reproduire « les mêmes erreurs que par le passé » comme, par exemple, « arriver dans des communautés avec nos kits de protection personnelle, des ambulances, et toujours des communautés qui ne sont pas informées sur ce qu’est Ebola ».

Une méconnaissance qu’Aliou Boly, représentant Croix-Rouge en Guinée, confirme en évoquant les obstacles qui subsistent dans la lutte contre la maladie. « On présuppose que la communauté a déjà l’information, qu’elle est au courant et que cela va être plus facile. Mais non, c’est toujours la même dynamique. D’abord, le virus entre dans le district. Tout de suite, il y a une réaction violente des habitants face aux humanitaires qui débarquent en force. On passe par une étape de violence, de rejet, de panique. Au bout de 10 à 15 jours, les choses se calment».

On sait pourtant désormais à quel point il est important de tenir compte des spécificités culturelles d’un pays, de parler avec les communautés locales et de les impliquer directement, notamment quand il est question des rites funéraires. Pour ce faire, les objectifs et les moyens de l’OMS ont changé, il s’agit désormais de former des leaders dans les différentes communautés pour qu’ils soient capables de détecter de nouveaux cas le plus précocement possible. Des anthropologues sont également associés à la lutte contre le virus en permettant de comprendre in situ les voies de la contamination virale.

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