Ebola : probable transmission sexuelle 200 jours après la guérison

Ebola : probable transmission sexuelle 200 jours après la guérison

Atlanta, Etats-Unis – Alors qu’aucun nouveau cas d’Ebola n’avait été signalé au Libéria depuis le 20 février 2015, une femme de 44 ans a été admise à l’hôpital de Monrovia pour cette pathologie le 19 mars 2015. D’après les investigations menées par le Centre de contrôle des maladies américain (CDC) [1], cette patiente qui n’avait pas voyagé, aurait été contaminée par contact sexuel avec un patient qui avait présenté les premiers signes de la maladie près de 200 jours avant les rapports infectants.

On savait déjà que le virus pouvait rester présent sans le sperme jusqu’à 100 jours après le début des symptômes, mais c’est la première fois qu’un délai aussi long de portage est signalé. Un cas de transmission sexuelle d’un virus assez proche, le virus de Marbourg, avait déjà été signalé en 1968 [2].

Portage prolongé : quelles conséquences ?

Pour le CDC « les contacts avec le sperme d’un survivant d’Ebola doivent être évités et tous les rapports sexuels (oral, vaginal et anal) doivent être protégés par des préservatifs utilisés de façon adéquate et à chaque rapport pendant une durée prolongée qui sera déterminée par des études supplémentaires ».

Un indien guéri en provenance du Libéra coincé 6 mois à l’aéroport de Delhi

Le 18 septembre 2014 , un survivant d’Ebola indien en provenance du Libéria a atterri à Dehli muni de certificats médicaux confirmant sa guérison et l’absence de virus sanguin.

Les autorités sanitaires indiennes, en se fondant sur la littérature, ont décidé de lui interdire l’entrée sur le territoire pendant plus de 90 jours, durée possible d’excrétion virale dans le sperme, selon NewKerala, un journal local. Il a passé cette période dans l’aéroport au sein d’une unité sanitaire. Le 26 mars 2015, il a eu enfin de droit de retrouver sa famille.

Contact sexuel avec un homme guéri depuis octobre 2014

La patiente hospitalisée le 19 mars à Monrovia présentait de la fièvre, des céphalées, une asthénie, des arthralgies et des nausées depuis 5 jours. Dès son admission aux urgences, elle a été considérée comme un cas suspect – même si elle n’avait pas voyagé – et elle a été hospitalisée dans un centre de transit pour patients Ebola. Le diagnostic a été confirmé par PCR le 20 mars.

L’enquête épidémiologique a permis de retrouver un contact sexuel vaginal avec un survivant d’Ebola. Cet homme de 46 ans avait présenté des premiers symptômes de la maladie le 9 septembre 2014 et le diagnostic avait été confirmé le 23 septembre. Il avait pu quitter l’hôpital le 7 octobre guéri et aucun virus sanguin n’était plus détectable à cette date. Deux de ses frères, sa fille de 14 ans et son fils de 12 ans sont décédés de la maladie.

Le 23 mars 2015, le test sanguin de l’homme était négatif, mais il persistait de l’ARN viral dans son sperme 199 jours après les premiers signes cliniques.

Une contamination très probable

Une comparaison entre les fragments d’ARN retrouvés et ceux de la patiente semble indiquer qu’une contamination sexuelle est très probable, mais il est impossible d’affirmer formellement le lien.

L’homme guéri avait aussi eu au moins 3 à 5 rapports sexuels avec une autre femme de 45 ans entre la fin févier et la mi-mars 2015 et cette personne n’avait présenté aucun signe de la maladie. Une analyse sanguine a confirmé l’absence d’infection.

Le CDC explique que des tests à long terme vont être réalisés chez des survivants afin de déterminer la durée exacte du portage viral. Si ces données de portage prolongé dans le sperme ou les sécrétions vaginales se confirment, le port de préservatif sera recommandé par les instances nationales et internationales de santé.

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