Etat d’urgence levé, mais le combat continue

Etat d’urgence levé, mais le combat continue

La lutte contre Ebola a franchi jeudi une étape décisive: le Libéria, pays le plus touché par l’épidémie, a levé l’état d’urgence

«Aujourd’hui, nous pouvons tous être fiers des progrès», a lancé la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf lors d’une déclaration à la radio et à la télévision annonçant la levée de l’état d’urgence instauré le 6 août. Ainsi, écoles et marchés seront progressivement réouverts et le couvre-feu nocturne, allégé.

Mais «le combat contre Ebola» n’est pas «terminé», a-t-elle averti. Avec plus de la moitié des victimes de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Libéria reste en effet le pays le plus durement frappé.

Et l’épidémie qui a tué plus de 5000 personnes flambe toujours en Sierra Leone et en Guinée, les deux autres pays les plus affectés, tandis que le Mali essaie de juguler la contamination.

Résultats des essais en 2015

Les Etats-Unis, qui ont déjà déployé quelque 2200 militaires au Libéria, ont annoncé qu’ils porteraient leurs effectifs à un maximum de 3000, et non 4000 comme estimé précédemment.

«On s’est rendu compte, en travaillant avec l’Agence américaine de développement (USAID) et le gouvernement du Libéria, qu’il y avait beaucoup de capacités là-bas dont nous ne connaissions pas l’existence», a affirmé le général Gary Valesky, chef du contingent américain.

Traitements cliniques en Guinée

Autre bonne nouvelle: les premiers essais de trois traitements cliniques de cette fièvre hémorragique vont commencer en décembre dans des centres de soins en Guinée, et éventuellement au Libéria, avec l’espoir de trouver un traitement. Leurs résultats pourraient être disponibles dès février 2015, a précisé Médecins sans frontières (MSF).

«C’est un partenariat international sans précédent qui représente un espoir pour les malades d’obtenir enfin un vrai traitement d’une maladie qui tue aujourd’hui entre 50 et 80% de ceux qui sont infectés», a souligné le Dr Annick Antierens, qui coordonne les essais pour MSF.

Inquiétudes au Mali

Un essai placé sous l’autorité de l’université d’Oxford avec le médicament antiviral brincidofovir dans un centre de Monrovia est prévu, mais MSF attend toujours l’accord des autorités locales.

Deux autres tests sont prévus en Guinée: l’un sous l’autorité de l’lnstitut français pour la santé et la recherche médicale utilisant le médicament antiviral favipiravir à Guéckédou, et l’autre de l’Institut de médecine tropicale d’Antwerp utilisant une thérapie à base de sang et de plasma de convalescents à Conakry, la capitale.

De son côté, le Mali, le dernier pays touché, s’inquiète après qu’une contamination dans une clinique de Bamako par un patient venu de Guinée a fait deux morts. Ces décès ne sont pas liés au premier cas déclaré dans le pays, une fillette de deux ans venue de Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes.

A Bamako, plusieurs dizaines de personnes sont sous surveillance, dont un «cas très suspect», selon des sources médicales.

G20 épinglé

Pour les acteurs de la lutte, la mobilisation internationale ne doit pas mollir. Plusieurs professionnels de santé d’Afrique de l’Ouest ainsi que l’ONG Oxfam ont appelé les pays du G20 à renforcer leur aide.

La lutte contre Ebola sera l’un des sujets abordés ce week-end par les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, réunis en sommet à Brisbane. Or, Oxfam a estimé jeudi que «presque la moitié» des pays du G20 n’avaient pas fourni «leur part» en termes de participation financière au combat contre le virus.

Les Etats-Unis ont de leur côté appelé le Fonds monétaire international (FMI) à effacer près d’un cinquième de la dette de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone.

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