Forces de l’ordre: haute surveillance au Festival de Cannes !

Forces de l’ordre: haute surveillance au Festival de Cannes !
Une édition du Festival de Cannes sous haute surveillance

A l’image du pays, qui vit désormais avec le risque terroriste, le Festival de Cannes doit résoudre l’équation suivante : se dérouler le plus normalement possible, tout en garantissant un ­niveau de sécurité maximal à la population. Tel est l’objectif des forces de l’ordre, qui se préparent depuis la fin de 2015 à cette 69e édition très spéciale du Festival.

Dans un communiqué de presse commun, le 22 avril, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et le maire de Cannes, David Lisnard (LR), expliquaient les grandes lignes de la « coproduction de sécurité » entre l’Etat et la municipalité.

Ils ajoutaient qu’il était ­impossible de livrer « des éléments détaillés », car « l’efficacité du dispositif dépend largement des mesures prises » : « Les principes ­directeurs du dispositif ont été fixés, pour la sanctuarisation des sites sensibles, le contrôle de leurs accès, la coordination des forces de sécurité intérieure avec la police municipale comme avec les effectifs de sécurité privée qui seront déployés à cette occasion », pouvait-on lire dans ce communiqué.

250 figurants, quelques détonations

Sollicité par Le Monde, le directeur adjoint de la police municipale de Cannes, Pierre Boutillon, décrit le travail de ses équipes ­depuis les cinq derniers mois. Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le maire de la ville a fait appel à une société de sécurité étrangère pour réaliser un audit sur le Festival. De cette mission, pilotée par un ancien général de réserve israélien, Nitzan Nuriel, est ressortie la proposition d’organiser une simulation d’attentat.

L’exercice a eu lieu jeudi 21 avril, avec quelques détonations, en présence d’environ 250 figurants volontaires ­répartis dans deux lieux distincts : 200 personnes se trouvaient dans le Palais des festivals, 4 hommes jouant le rôle des attaquants ; d’autres, celui des ­victimes et des otages ; 50 autres figurants étaient postés dans un centre de formation d’apprentis, à La Bocca, en proche ­banlieue de Cannes. Les établissements scolaires sont en effet considérés comme des ­cibles ­potentielles, en plus des principaux lieux du Festival.

Pour autant, Pierre Boutillon assure que les sorties scolaires et les projections de films auront bien lieu : « Il ne s’agit pas de modifier notre mode de vie. Au mois d’avril, de nombreux groupes d’élèves ont pu aller voir des films, escortés par quelques policiers municipaux. C’est une tradition, qui existait bien avant les attentats. On essaie le plus souvent possible de sécuriser les sorties scolaires. » La ville vient d’ailleurs d’« inaugurer » sa 500caméra de surveillance dans le quartier de l’hôpital, ajoute le directeur adjoint de la police municipale.

Visible sur Internet, l’extrait de la vidéo de cette simulation est assez saisissant. De quoi inquiéter certains professionnels du cinéma, surtout à l’étranger. Mais le directeur du Marché du film, Jérôme Paillard, assure n’avoir enregistré de leur part « aucune défection » par rapport à l’année 2015, qui ­représentait déjà une « légère progression ».

Contrôle des sacs

La montée des marches du Palais des festivals, tous les soirs, sera particulièrement sous surveillance. C’est « la bulle », avec ses différents périmètres de sécurité. « Un dispositif de surveillance de la mer est également à l’œuvre, la ville de Cannes étant l’une des ­seules à détenir un service maritime avec une équipe d’agents, non policiers, mais spécia­listes des secours en mer », précise Pierre Boutillon.

Les organisateurs du Festival ont aussi dû gérer une donnée nouvelle : le contrôle des sacs avant l’accès aux salles, qui prend forcément du temps. Ainsi, à la Quinzaine des réalisateurs, il faudra compter quarante-cinq minutes entre chaque séance. Le matin, les projections démarreront quinze minutes plus tôt pour tenir dans l’agenda.

Mais, selon les professionnels, pas de changement sur l’essentiel, les films. Reste à savoir si Nocturama, le nouvel opus de ­Bertrand Bonello, finalement absent de Cannes, n’a pas été écarté, justement, du fait de son scénario où il est question de jeunes, de bombes et d’explosions à Paris. Il sera cependant présent en septembre, au Festival de San Sebastian.

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