Surmortalité record de grippe dans l’hiver 2015

Surmortalité record de grippe dans l’hiver 2015

Pendant les neuf semaines de l’épidémie de grippe cet hiver, les plus de 65 ans ont représenté 90 % de la surmortalité en France.

L’épidémie de grippe de «forte ampleur», qui a durement frappé les personnes âgées, a contribué à une surmortalité hivernale record de 18 300 décès en France, selon le bilan définitif de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publié à la fin de mai.

Il s’agit de l’excès de mortalité le plus élevé depuis la mise en place du système d’évaluation de l’excès de décès hivernal, c’est-à-dire depuis l’hiver 2006-2007. Dominée par des virus A/H3N2 (dont une partie n’était pas couverte par le vaccin), l’épidémie a conduit 2,9 millions de personnes à consulter pour syndrome grippal.

Les personnes âgées les plus touchées

Les plus de 65 ans ont représenté 90 % de cette surmortalité record, de toutes causes, enregistrée durant les neuf semaines de l’épidémie (entre les semaines du 12-18 janvier et du 9-15 mars 2015). «La grippe, c’est une maladie grave chez les personnes âgées», rappelle le Dr François Bourdillon, directeur général de l’InVS.

«Ce n’est pas la plus forte des épidémies de grippe par rapport aux 30 dernières années», relève cependant le Dr Bourdillon, même si son ampleur est l’une des plus élevées (14e rang) observée sur cette longue période. «Par contre, avec le virus H3N2, les épidémies sont plus graves et donnent plus de complications chez les personnes âgées, notamment chez celles souffrant déjà d’autres maladies», poursuit-il. Selon une modélisation InVS, sur la période 2000-2009, en épidémie normale, si l’on avait 75 % de vaccinés chez les «65 ans on éviterait 3 000 décès sur la mortalité hivernale», selon le patron de l’InVS.

Dans les collectivités de personnes âgées/Ehpad (maisons de retraite), plus touchées que les hivers précédents, le nombre de grippés hospitalisés (7 %) ou décédés (3 %) est resté stable, malgré «un virus plus agressif et plus virulent». «C’est un premier élément d’efficacité de la prévention dans les Ehpad, grâce aux vaccins (83 % des résidents âgés vaccinés) et aux mesures « barrières » utilisées par le personnel (gel hydroalcoolique, masques…)», note-t-il.

Près de 30 000 passages aux urgences

L’épidémie a eu un «impact important» : près de 30 000 passages aux urgences ayant entraîné 3 133 hospitalisations, dont 47 % chez les plus 65 ans. En février, le gouvernement avait déclenché le plan ORSANd’organisation de l’offre de soins en situations sanitaires exceptionnelles, en réponse au signal d’alerte lancé par les urgentistes quant aux fortes tensions rencontrées dans les hôpitaux.

L’InVS évoque par ailleurs un excès de 90 000 décès dans 13 des 15 pays participant à la surveillance européenne de la mortalité hivernale. Mais les comparaisons scientifiques sont difficiles à établir, faute de disposer de certaines données comparables (durée de l’épidémie, pourcentage des + 65 % dans la population par région et/ou pays…), explique le Dr Bourdillon.

Les précédentes évaluations de l’InVS (de 12 300 décès pour la dernière) pour cette épidémie n’englobait pas 100 % de la mortalité à l’échelle nationale.

Lisez l’article

About The Author

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*