Infirmiers anesthésistes dans la rue pour plus de reconnaissance

Infirmiers anesthésistes dans la rue pour plus de reconnaissance

La mobilisation n’a pas fait autant de bruit qu’en 2010, mais les revendications sont réelles, et les IADE les martèlent à l’envie. A l’appel du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA), de la CGT et de Sud Santé, ils se sont réunis devant le ministère de la Santé à Paris et devant les Agences régionales de santé (ARS) en province, pour faire valoir leur reconnaissance. 

« Aujourd’hui, si nous sommes là, c’est pour la valorisation de notre profession », témoigne Vincent Coppin, étudiant infirmier anesthésiste à Lille, venu à Paris avec une délégation de 35 personnes.

Les IADE n’ont obtenu la reconnaissance du niveau master qu’en 2014 alors que l’intégration dans le processus LMD de la profession infirmière date de 2010.

« Maintenant, nous voulons la suite logique et l’obtention de la revalorisation de la grille indiciaire, ajoute l’étudiant pendant que les pétards se mettent à éclater sous le regard des CRS rassemblés en force derrière des barrières encadrant le ministère. Nous souhaitons une vraie catégorisation salariale qui, aujourd’hui, se limite au niveau licence. »

Reconnaissance en pré-hospitalier

Les IADE réclament également leur reconnaissance au sein des services pré-hospitaliers. « 30 % des services pré-hospitaliers est assuré par les IADE, le reste l’étant par les IDE, regrette Tania Rousseau, IADE au centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges. Or, notre place est très importante au sein des Smur, même la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) le préconise. »

Mais les chefs d’établissements auraient tendance, pour des raisons budgétaires, à privilégier l’emploi des IDE. « Pourtant, nous sommes formés aux techniques d’anesthésie, d’intubation et de réanimation et nous sommes d’une très grande aide pour les médecins urgentistes, poursuit-elle. Si la loi impose notre présence, les chefs d’établissements seront obligés de la respecter. »

« Il manque aussi d’infirmiers dans les blocs opératoires et comme nous sommes spécialisés en anesthésie et en réanimation, on nous met là, plutôt qu’en pré-hospitalier », constate Garry Laudrel, étudiant en 1er année à la Pitié-Salpêtrière.

 La DGOS à l’écoute ?

Autant de revendications qui ne semblent pas avoir été entendues par le ministère. Les représentants syndicaux et des étudiants ont été reçus par la sous-directrice par intérim des ressources humaines du système de santé à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), Michèle Lenoir Salfati, par un représentant de la fonction publique, et une personne responsable des urgences et du Smur à la DGOS.

« Nous sommes très déçus, rapporte Bruno Huet, vice-président du SNIA. Nous aurions préféré être reçus par la ministre ou par l’un de ses directeurs de cabinet, car la DGOS n’a pas le pouvoir de négocier. »

Une déception d’autant plus forte qu’aucune revendication n’a trouvé gain de cause. Concernant la grille indiciaire, « nous avons été renvoyés au calendrier des négociations de la grille salariale de la fonction publique qui commence en 2017 et fini en 2022, fait savoir Bruno Huet. Ce n’est pas acceptable ! ».

Pour la reconnaissance de la pénibilité, « on nous a renvoyé à une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales qui doit réfléchir à la prise en compte de cette pénibilité, explique-t-il. Et ils ne veulent pas revenir sur le choix de la catégorie. »

Enfin, ils ont demandé l’exclusivité d’exercice pour l’activité pré-hospitalière sans médecin et en Smur, avec une période de transition de cinq ans. « Sur ce sujet, on nous a parlé d’une réunion entre représentants de la profession pour voir ce qu’on entend par ?priorité? dans notre décret de compétences », indique le vice-président. Donc sur ce point, aucune avancée également.

En revanche, « on nous a informé que nous allions avoir une réunion sur l’implication des IADE dans la chirurgie ambulatoire, sans pour autant avoir d’autres précisions, s’étonne Bruno Huet. On n’était pas venu pour parler de cela, et on ne sait pas ce qu’il y a derrière. » Une réunion devrait être fixée en juin pour déterminer le calendrier des discussions sur le pré-hospitalier et la chirurgie ambulatoire.

Une profession prompte à se mobiliser

Les représentants syndicaux annoncent déjà l’organisation d’une manifestation en septembre. Tous les IADE présents devant le ministère s’accordent pour dire que « ce n’est que le début de la mobilisation ». « Il y a eu une forte mobilisation en local et Marisol Touraine va avoir une remontée de cette mobilisation générale », signale Vincent Coppin.

« Nous sommes une profession très solidaire et intensément mobilisable, rappelle Tania Rousseau.On aimerait ne pas avoir à reproduire ce qui s’est passé en 2010, mais nous en sommes capables, et je pense que les autorités peuvent avoir peur des futures mobilisations si nous ne sommes pas écoutés. »

D’après les estimations du Snia, près de 80 % des personnels concernés ont répondu à l’appel à la grève dans toute la France.

Sur les revendications salariales spécifiques, le ministère renvoie aux discussions inter-Fonction Publique dans le cadre des négociations sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR). Au mieux, il ne s’agit d’obtenir que quelques euros et avec des délais qui sont autour de… 2020.

Sur l’exercice professionnel, le ministère propose quelques « groupes de travail » aux contours flous et aux objectifs équivoques. Voulons-nous reconnaître les IADE ou gérerla pénurie hospitalière ? Le Ministère propose une rencontre dans la seconde quinzainede juin pour préciser ses objectifs. Il promet aussi de réactiver prochainement le comité de suivi de la nouvelle formation IADE, qui ne s’est pas réuni depuis février 2014.

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