La propagation d’Ebola hors Afrique démontre l’importance d’en éradiquer les foyers, dit la Croix-Rouge

La propagation d’Ebola hors Afrique démontre l’importance d’en éradiquer les foyers, dit la Croix-Rouge

Le virus Ebola, qui a fait près de 4000 morts en Afrique de l’Ouest, vient de faire une première victime aux États-Unis alors qu’en Espagne, un premier cas de contagion à l’extérieur du continent africain vient d’être répertorié. La Croix-Rouge espère que ces cas hors Afrique amènent les pays occidentaux à faire davantage

Selon le chef des opérations d’urgence de la Fédération internationale de la Croix-Rouge en Afrique de l’Ouest, le Québécois Jean-Pierre Taschereau, la communauté internationale doit s’attaquer au foyer de l’épidémie pour éviter que le virus se propage ailleurs.

« La seule façon d’éviter d’autres pertes de vie, non seulement en Afrique, mais aussi dans des pays comme l’Espagne et aux États-Unis, c’est vraiment d’intervenir en puissance dans les pays qui sont pris avec la crise depuis le début. C’est la seule façon dont on va pouvoir éradiquer la maladie et éviter qu’elle continue à se propager. »
— Jean-Pierre Tachereau, chef des opérations d’urgence de la Fédération internationale de la Croix-Rouge en Afrique de l’Ouest
Si le nombre de cas d’infection continue d’augmenter comme il le fait présentement « ce n’est qu’une question de temps avant que de nouveaux foyers apparaissent dans des pays où justement il n’y pas ces systèmes de contrôle et de surveillance épidémiologique, et c’est là où les risques se multiplient », croit Jean-Pierre Taschereau.

« Il faut prendre la situation au sérieux sans sombrer dans la panique », prévient-il. S’il y a des cas de contagion dans les pays occidentaux où les systèmes de santé sont fonctionnels, ils sont isolés et rapidement pris en charge.

Mais la gestion des cas d’infection a été jugée déficiente par plusieurs, notamment aux États-Unis, où la première victime d’Ebola à Dallas, au Texas, a été renvoyée chez elle avec des antibiotiques lorsqu’elle s’est présentée à l’urgence. Une infirmière était pourtant informée qu’il avait récemment voyagé en Afrique de l’Ouest. Thomas Eric Duncan pourrait avoir infecté d’autres personnes. Quatre membres de sa famille sont encore en isolement à Dallas.

« Il y a cette difficulté de se préparer pour quelque chose qu’on n’arrive pas à imaginer. C’est le défi. »

Gestion des cadavres

La Croix-Rouge, très présente en Afrique depuis le printemps, a dû s’adapter au terrain. Si au départ, elle s’est occupée de sensibiliser les communautés touchées et de mobiliser les décideurs, elle s’est rapidement tournée vers la gestion des milliers de dépouilles hautement contagieuses.

« Quand les gens meurent, c’est là que leur cadavre est le plus dangereux, et dans les traditions de ces communautés rurales, les rites funéraires impliquent beaucoup de contact entre les membres de la famille et les dépouilles mortelles. C’est devenu une source de contamination très dangereuse », raconte M. Taschereau, de retour de Sierra Leone et de Guinée.

Outre Médecins sans frontière et la Croix-Rouge, M. Taschereau constate qu’il y a peu d’organismes prêts à répondre à une telle crise. Certains hôpitaux débordent, comme en Sierra Leone, et les gens sont renvoyés chez eux. C’est pourquoi le chef des opérations se réjouit de l’envoi en Afrique de l’Ouest de troupes américaines (plus de 2000 hommes promis) et britanniques.

Le Royaume-Uni a annoncé aujourd’hui l’envoi de 750 militaires, d’un navire médical équipé d’unités de soins intensifs et de trois hélicoptères en Sierra Leone.
— Jean-Pierre Taschereau, chef des opérations de la Fédération internationale de la Croix-Rouge en Afrique de l’Ouest
« Je pense que le personnel hospitalier de Dallas était loin de s’imaginer qu’une maladie africaine ferait irruption dans leur communauté, parce que ce n’était jamais arrivé, tente d’expliquer Jean-Pierre Taschereau. C’est l’extension du phénomène qui s’est vécu au Libéria et en Sierra Leone. Même après des milliers de victimes, il y a encore des gens qui nient l’existence de cette maladie et pensent que c’est un complot contre leur communauté. »

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