Le mouvement de grève prend son élan

Le mouvement de grève prend son élan

Cette semaine l’Estrie n’a pas échappé aux grèves tournantes, alors que les bureaux gouvernementaux étaient paralysés à Sherbrooke.

Des piquets de grève avaient entre autres été érigés par 1200 employés devant l’édifice du gouvernement du Québec au 200 de la rue Belvédère, celui du centre-ville, la CSST, le MAPAQ, la SAAQ ainsi que devant le palais de justice de Sherbrooke.

À cet endroit, seuls les services essentiels étaient assurés

« Ici au palais de justice, ce sont les greffiers, les agentes de bureaux et les techniciens en droit notamment qui étaient touchés par les grèves », explique le président régional du syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Frédérick Dagenais.

Différents syndicats du monde scolaire de la CSQ, soit plus de 4000 personnes, débraieront devant des établissements d’enseignement entre 8 h 30 et 9 h 30 mercredi.

Les patients du CIUSSS de l’Estrie – CHUS peuvent aussi s’attendre à être confrontés à un certain ralentissement ou à de l’attente plus longue.

Bien que la Loi sur les services essentiels prévoit le maintien de 60 à 90 pour cent des services selon les types d’installations, les représentants syndicaux ont assuré que les services seraient maintenus à 90 pour cent dans tous les secteurs. Bien entendu, ils le seront à 100 pour cent dans les unités de soins intensifs et d’urgence.

Couillard inflexible

Au deuxième jour des grèves tournantes du front commun, le premier ministre Philippe Couillard est demeuré inflexible, mardi, faisant appel au « sens de la responsabilité » des dirigeants syndicaux. Sans aller jusqu’à dire que sa patience avait des limites, M. Couillard a répété qu’il souhaitait voir les parties trouver un terrain d’entente en négociant. « Il m’apparaît très surprenant que l’on ne puisse pas régler dans le cadre financier gouvernemental, a-t-il dit, en marge d’une annonce à Montréal. On a réglé dans ce cadre avec les médecins omnipraticiens, avec les municipalités, la Société des traversiers. »

Pour la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, le gouvernement Couillard se contente de laisser traîner les pourparlers. « On appelle ça de la négociation de façade, a-t-elle déploré, en point de presse à Québec. Il y a des négociations, mais pas d’avancées. »

Le front commun intersyndical, qui représente quelque 400 000 employés de l’État, réclame des augmentations de 4,5 pour cent par année pendant trois ans. Selon Mme Martineau, cela permettra aux syndiqués de combler un écart salarial tout en suivant l’inflation au cours des prochaines années. De son côté, le gouvernement offre deux années de gel salarial, suivies d’augmentations d’un pour cent par année pendant trois ans. Il veut aussi faire passer de 60 à 62 ans l’âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité. « Il faut regarder ce qui se fait ailleurs dans d’autres provinces, a dit le premier ministre. L’Ontario vient de signer des contrats. Allez voir les paramètres, ce n’est pas loin de ce que nous offrons. C’est la réalité des finances publiques au Canada, et pas uniquement au Québec. » Les grèves tournantes d’une journée, qui ont débuté lundi, doivent toucher toutes les régions du Québec jusqu’à jeudi.

Après cette semaine, la pression pourrait bien monter d’un cran. Le front commun prévoit deux autres journées de débrayage, tour à tour dans chaque région, dont les 12 et 13 novembre en Estrie. Finalement, une grève générale de trois jours est au menu les 1er, 2 et 3 décembre.

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