L’été: bons gestes en cas de piqûre de vipères, insectes, méduses

L’été: bons gestes en cas de piqûre de vipères, insectes, méduses

Vipères, insectes, méduses : les bons gestes en cas de piqûre

L’été peut apporter son lot de petits maux, pas très graves mais mal venus et handicapants si on ne sait comment réagir, et parfois de plus grosses urgences pour lesquelles une assistance médicale sera nécessaire.

On pense souvent aux morsures de serpents. Or en France, le nombre de morsures de vipère est estimé à 1 000 par an. C’est beaucoup moins que les hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons) avec de vrais risques allergiques puisque 1 % de la population est allergique au venin d’hyménoptères. Dans les deux cas, le risque est allergique par allergie au venin.

Pour les vipères : on les reconnait sur la peau car elle laisse deux plaies punctiformes distantes de quelques millimètres. Il existe plusieurs stades de gravité et les conséquences sont d’abord locales : œdème, rougeur, puis des signes généraux sont possibles (douleurs abdominales, malaise, hypotension). Dans tous les cas, une consultation médicale s’impose avec appel au SAMU Centre 15.

Ce qu’il ne faut pas faire :

  • inciser la peau (risque d’infection) ;
  • sucer les plaies ;
  • mettre un garrot ;
  • il faut aussi éviter l’aspirine comme antidouleurs car il favorise les hémorragies.

Ce qu’il faut faire :

  • allonger le sujet et le rassurer ;
  • désinfecter la plaie ;
  • enlever bagues, bracelets ou chaussures avant l’apparition d’un œdème ;
  • application de glace autour de la plaie ;
  • immobiliser la jambe ou le bras pour ralentir la diffusion du venin dans la circulation générale.

Surtout mieux vaut prévenir que guérir en portant des chaussures fermées et des pantalons longs ou des bottes. Ne pas mettre les mains n’importe où sans protection (tas de feuilles ou de paille, pierre, rocher… refuges préférés des vipères).

Concernant les abeilles, guêpes et frelons, il faut s’inquiéter dans trois circonstances :

  • Si l’envenimation est massive : des dizaines de piqûres (essaim par exemple).
  • Si la piqûre est mal placée et dans une zone dangereuse, essentiellement dans la bouche, la face, le cou ou la gorge avec un risque d’asphyxie. En effet, la réaction locale normale liée au venin conduit à un œdème parfois important, indépendamment de toute réaction allergique.
  • Enfin, il faut s’inquiéter en cas de réaction allergique. Soit la personne a déjà fait une allergie grave (œdème de Quincke, hospitalisation) et dans ce cas, il faut anticiper et ne pas attendre pour appeler les secours. Soit la réaction dépasse manifestement le cadre de la réaction locale « normale ». On parle alors d’anaphylaxie avec une réaction généralisée : urticaire généralisé, œdème (face, paupières), difficultés respiratoires (crise d’asthme), malaise, voire arrêt cardiaque.

Dans ces trois circonstances, il faut alerter les secours (15) immédiatement.

Soit les signes sont locaux, pas dans une zone à risque et il n’y a pas d’antécédents d’allergie : vous allez pouvoir gérer à la maison.

  • En cas de piqûre d’abeille, enlevez avec précaution le dard s’il est resté fiché dans la peau, à l’aide d’une pince à épiler, en veillant bien à ne pas écraser la poche à venin.
  • Dans la mesure du possible, surélevez la zone piquée.
  • Désinfectez ensuite la piqûre avec un antiseptique.
  • Appliquez de la glace enveloppée dans un linge sur la zone piquée pour calmer la douleur.
  • En cas de démangeaisons prolongées, appliquez un traitement local adapté (hydrocortisone, antihistaminique H1).

Soit la piqûre est grave : il ne faut pas perdre de temps et alerter les secours. Le traitement est symptomatique (massage cardiaque en cas d’arrêt cardiaque). Il faut savoir aussi faire appel au kit d’adrénaline auto-injectable (l’adrénaline est le médicament du choc anaphylactique qui va resserrer les vaisseaux). Ces kits vendus en pharmacie sur ordonnance et après bilan allergologique sont sous la forme de stylos (un peu comme les stylos à insuline) que les personnes allergiques graves ont toujours sur elles. En cas de signes de gravité et en lien avec le médecin régulateur du SAMU, leur utilisation est très simple puisqu’il s’agit de décapuchonner et injecter, même à travers les vêtements.

Les méduses ou cnidaires sont essentiellement aquatiques et très urticariantes (ça démange terriblement !). Les piqûres de méduses se localisent principalement au niveau des membres supérieurs et inférieurs avec une douleur vive, décrite comme une sensation de décharge électrique ou de brûlure. Dix minutes après la piqûre, apparaît un érythème (rougeur) léger qui s’aggrave. Les envenimations sévères s’accompagnent d’une réaction cutanée typique ainsi que d’une cohorte de symptômes généraux qui apparaissent en deux à quatre heures : maux de tête, vertige, voire coma et signes cardiorespiratoires (difficultés à respirer).

Pour les piqûres simples : seul réflexe, ne pas frotter sinon cela ferait éclater les petites tentacules restées accrochées à la peau, ce qui libèrerait leur contenu urticariant. Il faut au contraire les retirer à la pince à épiler. La plaie sera abondamment rincée à l’eau de mer ou au sérum physiologique (la faible osmolarité de l’eau douce ferait éclater les quelques « cnidocystes » restant). La toxine étant thermolabile, l’eau peut être chaude. Le rinçage durera jusqu’à disparition des symptômes (environ trente minutes). Médicaments antidouleurs classiques ensuite.

Dr Gérald Kierzek, urgentiste

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