Maladie de Lyme, faut-il avoir peur ?

Maladie de Lyme, faut-il avoir peur ?

Faut-il avoir peur cet été de la maladie de Lyme ?

Transmise par la morsure de tique, cette pathologie est particulièrement présente dans le grand Est de la France. Le risque d’infection est maximal au printemps et au début de l’automne.

Attention lors des balades en forêts : avec la météo humide de ce début d’été, les tiques pourraient être très présentes cette année. Et avec elles, le risque d’être infecté par la maladie de Lyme.

De quoi s’agit-il ?

La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est une infection invalidante due à une bactérie transmise lors d’une piqûre de tique.

La tique devient porteuse de la bactérie responsable de la maladie de Lyme en se nourrissant du sang d’un animal infecté. Elle peut ensuite piquer l’homme et lui transmettre la bactérie. La maladie comporte plusieurs phases. De quelques jours à un mois après la piqûre, une tache rouge sur la peau (érythème migrant) peut apparaître et grandir progressivement.

La maladie peut évoluer dans une phase secondaire, caractérisée par plusieurs manifestations isolées ou associées du système nerveux (atteinte des nerfs, paralysie faciale, méningite…), des articulations (arthrite du genou surtout), plus rarement de la peau, du cœur (troubles du rythme) et de l’œil.

Une troisième phase, dite tardive, peut apparaître plusieurs mois à plusieurs années après le début de l’infection non traitée, avec des atteintes de type neurologiques, cutanées, et articulaires. En cas de signes, consultez rapidement un médecin pour qu’il vous prescrive un traitement antibiotique.

Combien de malades ?

Cette pathologie affecte environ 27 000 nouvelles personnes chaque année en France, selon les sources officielles. L’est de la France sur une ligne de Verdun à Gap est particulièrement touché. « Les taux d’incidence au niveau régional sont divers avec des taux d’incidence élevés, supérieurs à 100 pour 100 000 en Alsace et dans le département de la Meuse, des taux intermédiaires compris entre 50 et 100 pour 100 000 pour Champagne Ardennes, l’Auvergne, la Franche Comté, le Limousin et Rhône-Alpes et des taux plus bas pour les régions Centre, Basse Normandie, et Aquitaine », selon le ministère de la Santé.

Où et quand peut-on l’attraper ?

C’est lors d’activités pratiquées en forêt ou en lisière de forêt, surtout dans les buissons ou les broussailles, que l’on risque d’être mordus. Le risque d’infection est maximal au printemps et au début de l’automne.

Pourquoi une polémique ?

Le débat oppose deux « écoles ». D’un côté, en cas d’infection, le protocole officiel des autorités de santé est un traitement antibiotique pendant environ trois semaines. Selon les autorités sanitaires, il vient à bout de la bactérie. Elles mettent en garde contre les dérives de traitements alternatifs proposés à prix coûteux et sans efficacité prouvée, selon elles. (Voir ci-dessous interview du Dr Kieffer)

De l’autre, les malades – soutenus par des médecins comme le Pr Perronne (voir ci-contre) pointent l’existence d’une forme chronique de la maladie, qui s’installe malgré le traitement antibiotique initial. Ils déplorent que cette forme ne soit pas reconnue, et du coup pas bien soignée ni prise en charge comme une affection au long cours par l’Assurance maladie.

Comment prévenir la maladie ?

« La maladie de Lyme est une maladie grave. Elle peut provoquer, si elle n’est pas bien soignée, des encéphalites, des paralysies faciales… Il est important de se protéger en allant en forêt – par des sprays notamment. Et surtout d’enlever la tique dans les plus brefs délais. Il faut environ 24 heures pour que la tique transmette la maladie en se fixant sur la peau. Pour d’autres maladies transmises par les tiques c’est encore plus rapide. Il faut donc l’enlever le plus vite possible. Il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme. En revanche, il existe l’espoir d’un vaccin contre la fixation de la bactérie borrelia sur la peau », explique le Dr Pierre Kieffer.

Plaintes

Plus de 200 patients s’apprêtent à déposer plainte contre des laboratoires pharmaceutiques auxquels ils reprochent de commercialiser des tests qui n’ont pas permis de les diagnostiquer, selon l’association Lyme sans frontières. Un homme de 33 ans est en grève de la faim pour protester contre la non-reconnaissance de sa pathologie, qui a une conséquence : la fin des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie.

Demain au ministère

Les associations de malades de Lyme seront reçues demain au ministère de la Santé, pour aborder ces différentes questions. « Nous demandons des mesures d’urgence pour mettre fin aux protocoles actuels et obtenir la prise en charge des malades non reconnus », plaide Marie-Claude Perrin, présidente de Lyme Sans frontières. « Il faut que les médecins généralistes soient mieux formés. Pour 90 % d’entre eux Lyme chronique n’existe pas. On n’a pas de traitement et on s’enfonce. Ce que nous voulons c’est que les pouvoirs publics laissent les médecins qui nous soignent essayer de nous aider », explique Anne Colin, présidente de l’association Lympact qui plaide aussi pour une meilleure formation des généralistes au diagnostic et une meilleure prévention.

Comment enlever la tique ?

« Si vous constatez la présence de tiques, n’appliquez aucun produit (ni d’éther ni autre). Retirez toutes les tiques le plus rapidement possible, en utilisant un tire-tique (vendu en pharmacie) ou à défaut, une fine pince à épiler. Agrippez délicatement les insectes au plus près de la peau et tirez-les doucement mais fermement. Pour ne pas casser l’appareil buccal (le rostre), faites un mouvement circulaire. »

Recommandation de l’Assurance Maladie sur www.ameli-sante.fr

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