Mediator® : manifeste qui dénonce le retard d’indemnisation

Mediator® : manifeste qui dénonce le retard d’indemnisation

Mediator® : un manifeste pour dénoncer le retard d’indemnisation des victime

Trente médecins, philosophes et personnalités engagées ont signé une pétition pour rappeler au fabricant du Mediator®, le laboratoire Servier, son obligation d’indemniser toutes les victimes de ce médicament et demander aux professionnels de la santé de « reconsidérer leurs liens avec le groupe pharmaceutique« .

Un manifeste contre certaines pratiques du laboratoire Servier

La pétition (Manifeste des 30) mise en ligne mercredi 26 août dénonce l’ »hypocrisie » du laboratoire Servier, fabricant du Mediator®. Le groupe pharmaceutique s’est en effet engagé à indemniser toutes les victimes du Mediator® (des indemnisations décidées par le collège d’experts de l’Office national des accidents médicaux, dit Oniam). Pourtant, selon les signataires, le laboratoire a demandé à ses avocats de se pencher sur chaque dossier, un à un, afin de chercher une faille pour ne pas verser d’indemnités aux malades, dont certaines sont mourants.

Un nouveau rebondissement dans l’affaire du Mediator® qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Ce médicament du laboratoire Servier commercialisé en 1976 a été prescrit à environ 5 millions de Français comme antidiabétique, mais aussi en usage détourné comme coupe-faim. Alors que les premières alertes sanitaires concernant des cas d’hypertension et des lésions des valves cardiaques (valvulopathies) ont été émises en 1997, et que le médicament a été retiré du marché dans plusieurs pays dès 1998, le Mediator® n’a été retiré du marché dans notre pays que fin 2009, soit dix ans trop tard. Ce médicament pourrait être responsable de plus de 2 100 décès.

Les signataires dénoncent une « guérilla judiciaire »

Parmi les signataires du Manifeste des 30, on retrouve de grandes figures de la médecine comme le Pr André Grimaldi, ancien chef du service de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, l’urgentiste Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, le Pr Gérard Dubois, spécialiste de santé publique et membre de l’Académie de médecine, le Pr Axel Kahn, généticien ou encore le Dr Irène Frachon, la pneumologue brestoise dont la persévérance à permis de révéler le scandale du Mediator.

Tous dénoncent la « guérilla judiciaire » menée par le groupe Servier « pour retarder à la fois le procès pénal et surtout l’indemnisation des victimes au civil« . Le fabricant du Mediator® a notamment fait l’objet de plusieurs mises en examen pour « tromperie aggravée avec mise en danger de l’homme », « escroquerie », « homicides et blessures involontaires », « trafic d’influence et prise illégale d’intérêts ».

Des partenariats contraires à la déontologie médicale

Les « Trente » déplorent « l’attitude contraire à l’éthique scientifique et pharmaceutique » du groupe Servier. Mais pas seulement… La pétition interpelle également les professionnels de santé qui collaborent toujours avec le laboratoire : « Les signataires appellent solennellement les médecins, soignants et leurs instances représentatives à réévaluer la pertinence des liens les unissant au laboratoire Servier, et à vérifier si ces partenariats sont compatibles avec les principes fondamentaux de la déontologie médicale ».

L’Etat jugé responsable dans l’affaire Mediator®

Fin juillet, la cour administrative d’appel de Paris a confirmé que le Mediator® aurait dû être interdit ou au moins faire l’objet d’une enquête approfondie en France dès 1999. En conséquence, la cour a reconnu pour la première fois la responsabilité de l’Etat dans l’affaire du Mediator®. Cette décision de justice a été qualifiée de « rarissime » car c’est la deuxième fois seulement que l’Etat est jugé responsable d’un scandale sanitaire, la première ayant été le scandale du sang contaminé.

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