Réformer les urgences pour baisser les fraudes à la Sécu

Réformer les urgences pour baisser les fraudes à la Sécu

Selon une enquête de l’Inami, 40 % des factures des services d’urgence ne correspondraient pas à la réalité des soins apportés ! Fraude ou pas ? Le journaliste Frédéric Soumois a répondu à vos questions.

L’information est étonnante, non ?

Elle est choquante. Cela ne veut pas dire qu’il y ait fraude dans 40 % des cas, mais dans de nombreux cas, ce n’est pas le médecin qui a administré les soins qui figurent sur la facture adressée au patient. Un autre cas choquant : lorsqu’il s’agit d’un spécialiste en formation, dans 98 % des cas, c’est son patron qui facture, et au prix fort. L’Inami estime que ce n’est pas correct.

C’est la première fois que l’Inami mène ce genre d’enquête ?

Non, cette enquête est permanente et s’approfondit. L’Inami reconnaît que la législation est complexe, raison pour laquelle il recommande qu’il n’y ait plus de différence barémique, de sorte que ce soient les soins qu’on rembourse et non la qualification du médecin.

Le personnel de terrain se défend ?

On sait que les hôpitaux sont en difficulté financière. Les services d’urgence sont particulièrement sous pression. Certains regrettent qu’on reproche que plusieurs médecins qualifiés soient intervenus en cas d’urgence. A l’heure d’établir la facture, on inscrit le nom du médecin le plus « capé ». Ce n’est pas nécessairement une fraude. La tension est énorme en salle d’urgence et le détail des soins apportés n’est pas toujours aussi exhaustif que le souhaite l’Inami.

Que peut-il se passer après cette enquête ?

Dans le cas des urgences, on ne retrouve pas toujours trace écrite de l’envoi du patient par un généraliste. L’Inami pourrait sanctionner, alors que le médecin a peut-être envoyé le patient par téléphone.

Cette enquête ne démontre-t-elle pas qu’il faut réformer les urgences ?

L’Inami constate que dans certains hôpitaux, on appelle systématiquement des médecins spécialistes, alors que dans d’autres hôpitaux, pas du tout. L’Inami préconise de trouver une règle sur la bonne pratique à adopter. Les services d’urgence répondent qu’un hôpital de proximité ne travaille pas comme un service d’urgence d’un hôpital universitaire, les pratiques sont nécessairement différentes. On risque de « normer » quelque chose qui est différent par nature d’un hôpital à l’autre. Avant de bricoler, il faut savoir où l’on veut aller.

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