SAMU: incursion dans l’univers des urgentistes

SAMU: incursion dans l’univers des urgentistes

Ils sont sur le qui-vive jour et nuit avec pour unique mission de sauver des vies. Les membres du département du Service d’aide médicale d’urgence (SAMU) sont animés par la passion de leur métier.

Dans le cadre des nouveaux projets du SAMU en collaboration avec le ministère de la Santé tels que la formation des chauffeurs du SAMU ou encore la création du département urgence-réanimation, on a fait une visite du département des urgentistes de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, a assisté à une simulation d’intervention sur le terrain à Bambous et s’est rendu au centre principal du système du SAMU du pays, situé à l’hôpital Victoria, à Candos.

Civières, défibrillateurs, seringues et toutes sortes de médicaments. Impossible de se méprendre en entrant dans cette salle de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. «C’est ici que tout se passe. Nous amenons les patients pour les stabiliser avant de les transférer dans les unités spécifiques de l’hôpital. Il y a deux ambulances par hôpital et l’équipe inclut un médecin, un infirmier et le chauffeur», dit Swagath Poorun, Senior Emergency Physician.

La salle peut contenir deux blessés graves au maximum. Toutefois, d’après le protocole, s’il y a plusieurs blessés graves en même temps, il n’y a pas d’autre choix que de placer un maximum de personnes dans la salle. «En particulier dans les cas d’accidents où il y a plusieurs blessés. Cette salle devient un chantier avec le personnel mobilisé, du sang et de la boue partout..»

Deux infirmiers la nuit

Quid des équipements ? «Nous avons tout ce qu’il faut : de simples pansements à des équipements pour les cardiaques. C’est l’urgentiste présent qui est responsable de la salle, il décide quoi faire avec un patient alors que l’infirmier aide et il est en charge des équipements entre autres», déclare Keolee Dabydoyal, Nursing Officer in Charge. S’il y a cinq infirmiers le jour et deux la nuit, un médecin fait un shift de 24 heures.

En cas de gros accidents, à titre d’exemple l’accident de Sorèze, le parking de l’hôpital est aussi utilisé pour faire un tri des blessés. «Il y a une red zone pour les blessés graves, une yellow zone pour les moins graves, une green zone pour les blessures mineures et une black zone pour les morts», précise Swagath Poorun.

Des niveaux d’urgence

Plusieurs niveaux d’urgence ont aussi été établis. S’agissant du niveau 1, un seul hôpital est concerné ; pour ce qui est du niveau 2, deux hôpitaux et du niveau trois, les cinq hôpitaux du pays.

Dans de tels cas, tous les urgentistes doivent être présents y compris ceux qui sont en congé. «Nos ambulances sont bien équipées avec des civières antichocs, une cool box pour des médicaments considérés comme dangereux. Un médicament peut coûter plus de Rs 20 000.»

L’ambulance du SAMU contient par exemple des équipements portables au cas où elle ne pourrait pas atteindre certaines régions.

Dans l’ambulance, on peut trouver des cardioscopes et des seringues électriques, entre autres. «Nous avons aussi des équipements portables dans le cas où l’ambulance ne pourrait pas atteindre certaines régions difficiles.»

Avoir du tact et aimer l’action

Une chose est sûre: afin de faire ce métier, il faut avoir du tact pour parler aux gens et aimer l’action. «Et ne pas être délicat. On peut être confrontés à toutes sortes de blessés et de patients : des gens sales, drogués ou autres et tout le monde a droit aux mêmes soins.»

Afin de nous mettre dans le bain, les urgentistes de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo nous entraînent à Bambous pour une simulation avec comme cas, une inondation et plusieurs blessés. Si nous quittons Port-Louis une quinzaine de minutes avant les ambulances, celles-ci atteignent le site avec près de vingt minutes d’avance. «Les véhicules doivent nous céder le passage car le facteur temps est primordial mais il arrive que certains automobilistes fassent la sourde oreille.»

Selon la procédure, il incombe aux pompiers et à la police de procéder à l’évacuation des zones dangereuses. «Les urgentistes attendent, eux, dans une safe zone et donnent les premiers soins», affirme Salma Mamoojee, médecin «triage».

Dans ce cas, c’est le stade Germain Comarmond qui représente la safe zone. Urgentistes, infirmiers et policiers sont concentrés dans leurs tâches. Pour commencer, un triage des priorités est effectué et le premier patient ausculté est un homme âgé présentant des troubles respiratoires dus à une fracture.

Chaque appel est enregistré

Ensuite, direction l’hôpital Victoria, plus précisément la salle de régulation 114 qui est le centre principal du système du SAMU de tout le pays. Les permanenciers réceptionnent tous les appels en présence d’un médecin.

Dandathvanee Samoo, directeur du SAMU, demande la collaboration de la population, en particulier dans les cas d’accident. «Les personnes qui appellent doivent bien répondre aux questions avec précision pour que le médecin puisse juger de la gravité du cas. C’est le médecin qui décide s’il est nécessaire de déplacer une ambulance ou pas».

Si par jour le centre peut recevoir jusqu’à 900 appels, après le tri, le chiffre peut descendre à une quarantaine de déplacements du SAMU. «Le SAMU se spécialise aussi davantage dans la médecine de catastrophe : des cas d’accidents, de cyclone, d’inondation et d’émissions de gaz.»

C’est la salle de régulation qui assure la communication avec tous les hôpitaux et cliniques du pays pour les urgences. «Maurice est divisée en cinq zones, ce qui peut représenter une distance conséquente entre un lieu d’accident et un hôpital. C’est donc le département le plus près du lieu qui prend la route.»

Chaque appel est enregistré et sauvegardé. Les ambulances réanimation sont, elles, dotées d’un GPS. L’appel du directeur du SAMU à la population est de collaborer au maximum avec les urgentistes en particulier dans les cas d’accident.

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