Tribune : Pour des infirmiers spécialisés en urgence pré-hospitalière

Tribune : Pour des infirmiers spécialisés en urgence pré-hospitalière

Séverine Galleau est infirmière sapeur-pompier. Dans le cadre d’un mémoire, elle s’interroge sur les différences de pratiques chez les ISP, sur l’absence d’harmonisation, le manque de formations spécifiques. Elle milite pour une utilisation spécifique des ISP et une reconnaissance d’une spécialisation en urgence pré-hospitalière. Elle partage son rêve (« I have a dream ») avec les lecteurs d’ActuSoins.

©Natacha Soury

Infirmière diplômée depuis 2005, munie d’une expérience confirmée et de modules validés dans le cadre de ma formation d’infirmière de sapeur-pompier volontaire ISPV, j’avais l’impression de ne pas être totalement munie sur le terrain concernant les prises en charge pré-hospitalière.

J’aspirais donc à développer mes compétences et j’ai donc entamé des recherches de formations adaptées. Mon choix s’est arrêté sur le diplôme universitaire de soins infirmiers en médecine d’urgence.

Pour valider ce DU, j’ai réalisé un mémoire et décidé d’interroger des ISP dans toute la France afin de connaître leurs fonctionnements, leurs formations, leurs ressentis

Faire évoluer la fonction IDE dans un domaine pauvre en formations spécifiques, le pré-hospitalier..

Faire Mon constat : des intégrations différentes, des formations différentes, des protocoles différents, des fiches bilans différentes. Le but de mon étude qui s’appuie sur le Pré Hospital Trauma Life Support est de mettre en avant les capacités professionnelles et techniques des ISP. C’est un outil permettant d’aborder la nécessité de faire évoluer la fonction IDE dans un domaine pauvre en formations spécifiques, le pré-hospitalier.

En 2020, il y aura 23 % de médecins en moins et on doit s’attendre à rencontrer des difficultés pour les prises en charge pré-hospitalière. Mise à par les médecins smuristes et les médecins sapeurs-pompiers, aucun autre professionnel n’est spécifiquement formé. C’est pour cela que je prêche une utilisation spécifique de ces ISP.

Il existe des masters en management, oncologie, plaie et cicatrisation dédiés aux IDE, mais toujours rien de comparable pour les ISP, à l’instar des formations octroyées aux IBODE, IADE, puéricultrices.

Dégager une disponibilité de médecin quand sa présence n’est pas indispensable.

N’oublions pas le domaine pré-hospitalier ! Mon rêve : Le paramédic français ! Il permettrait de stabiliser une victime en attente d’un smuriste ou de dégager une disponibilité de médecin quand sa présence n’est pas indispensable.

La télémétrie joue un rôle essentiel dans ce fonctionnement (transmission des ECG à un cardiologue , contact du médecin par téléphone ajoutés à l’utilisation de protocoles spécifiques).

Quand certains ISP ne peuvent dispenser qu’un perfalgan en antalgie, d’autres disposent de morphine

Je peux observer le fonctionnement de mes collègues ambulanciers suisses quotidiennement et c’est un système qui fonctionne très bien. Ils travaillent sur protocoles associés à la télémétrie, le contact téléphonique avec le médecin superviseur des urgences au besoin. Bien évidement le tout sur d’excellentes bases de formations spécifiques à l’urgence pré-hospitalière.

Si besoin, le médecin se déplace. Le reste du temps il reste aux urgences. Pour en arriver là, il nous faudrait harmoniser les formations, les protocoles (quand certains ISP ne peuvent dispenser qu’un perfalgan en antalgie, d’autres disposent de morphine), les fiches bilan, afin de permettre une réelle mise en place des compétences ISP reconnues et applicables partout en France.

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