Urgences: 7 patients sur 10 soignés en moins d’une heure

Urgences: 7 patients sur 10 soignés en moins d’une heure

Aux urgences, sept patients sur dix sont soignés en moins d’une heure. Une vaste enquête, nuance les critiques souvent adressées aux urgences sur les délais d’attente. La moitié des patients sont vus par un infirmier moins de quatre minutes après leur arrivée. Et des soins sont délivrés en moins d’une heure sept fois sur dix.

Quand on va aux urgences, mieux vaut prendre son mal en patience. C’est ce que pensent beaucoup de malades. La réalité est plus contrastée : sept patients sur dix attendent ainsi moins d’une heure avant de recevoir des soins, selon une étude rendue publique jeudi 13 août par la Drees (1). « Cette enquête est la plus importante jamais réalisée en France aux urgences. Et j’espère qu’elle permettra à la population de comprendre que lorsqu’on attend, c’est souvent parce que des examens complémentaires sont nécessaires pour mieux évaluer l’état de la personne », indique le professeur François Braun, (CHU de Metz) et président du syndicat Samu-Urgences de France.

Une enquête dans 734 points d’accueils des urgences

Cette enquête « un jour donnée » a été conduite le 11 juin 2013 dans la quasi-totalité des points d’accueil des urgences en France : 734 sur 736 ont accepté d’y participer et de remplir un questionnaire sur tous les patients accueillis ce jour-là de 8 heures le matin à 8 heures le lendemain. Au total, 48 711 questionnaires-patients ont été recueillis avec, pour chacun, leur parcours minuté au sein des urgences, qu’ils soient venus par leurs propres moyens ou véhiculés par les pompiers ou le Samu.

Une évaluation rapide par un infirmier

Premier constat : les trois quarts des patients sont enregistrés à l’accueil dans les cinq minutes qui suivent leur arrivée. Ensuite, la moitié sont vus par un infirmier moins de 4 minutes après leur enregistrement. Pour un patient sur dix, le délai est supérieur à 30 minutes, seuil que la Société française de médecine d’urgence (SFMU) recommande de ne pas dépasser. Ce temps d’attente, avant de voir l’infirmier, est crucial. C’est lui en effet qui va évaluer la gravité de la situation et faire un premier tri des patients. Et nombre d’incidents aux urgences sont liés à une tension née de l’angoisse du patient qui, faute d’avoir vu un soignant, ignore si son problème est sérieux ou pas.

Des patients âgés qui attendent plus longtemps que les autres

Ensuite, de manière logique, la prise en charge dépend de la gravité des symptômes. En cas de problèmes respiratoires ou de douleurs thoraciques (risque cardiaque), les soins sont plus rapides qu’en cas de symptômes dermatologiques, gynécologiques ou rhumatologiques. Mais globalement, sept patients sur dix sont pris en charge dans l’heure qui suit leur arrivée aux urgences. Ceux qui attendent le plus longtemps sont les personnes âgées. « Cela est souvent est lié au fait qu’il s’agit de patients présentant souvent plusieurs pathologies sans qu’aucune, nécessitant des soins très rapides, n’émerge vraiment », estime le professeur Braun.

Des délais qui s’allongent en cas d’examens complémentaires

Le temps d’attente varie aussi en fonction des examens complémentaires. Un patient venant pour une simple consultation sans acte de soin reste moins de 74 minutes. Mais c’est plus long s’il faut faire des piqûres, des pansements, une radio ou un scanner. Quand le médecin demande un acte de biologie, le plus souvent une prise de sang, les délais s’allongent fortement. La moitié des patients restent alors plus de 168 minutes. « Il faut le temps que les examens partent au labo et reviennent. Mais dans les salles où on accueille les patients en urgence vitale, c’est beaucoup plus rapide », assure le professeur Braun. « Ces salles ont de plus en plus une biologie délocalisée, avec de petits appareils qui permettent de donner des résultats essentiels en quelques minutes », ajoute-il.

Un lit d’aval trouvé en moins de 15 minutes dans la moitié des cas

Autre problème récurrent, celui de l’orientation des patients à leur sortie des urgences. Une fois le diagnostic établi et les premiers soins apportés, les patients nécessitant une hospitalisation doivent être orientés vers un autre service de l’hôpital. Et c’est là que cela coince, selon nombre d’urgentistes, qui disent volontiers s’arracher les cheveux pour trouver des lits disponibles dans l’hôpital. En fait, l’enquête montre, là encore, une réalité contrastée. Dans près de la moitié des cas, une place est trouvée en moins de 15 minutes. Et dans 80 % des cas, un seul appel suffit pour trouver un lit au patient.

Des lits moins accessibles dans les CHU

Mais une fois sur dix, il faut attendre presque 4 heures pour avoir une place. « Cela dépend souvent de la taille de l’établissement. De manière un peu paradoxale, plus il est gros, plus c’est difficile de trouver un lit », indique François Braun. « Dans un CHU en effet, les services sont souvent très spécialisés et acceptent mal des patients poly-pathologiques, Et comme ces établissements sont soumis à de fortes contraintes financières, ils ont en général un taux d’occupation des lits très élevé », indique le professeur Braun.

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