VIH : une nouvelle piste thérapeutique à l’essai à Montpellier

VIH : une nouvelle piste thérapeutique à l’essai à Montpellier

Montpellier, France – ABX 464 est une nouvelle molécule anti-VIH à action spécifique et unique sur la protéine Rev (p19) mise au point par l’équipe du Dr Jamal Tazi (CNRS, Université de Montpellier, Société Abivax). Contrairement aux thérapies actuelles qui interfèrent avec les premières étapes de l’infection, ce traitement agit après que les cellules de l’hôte aient intégré l’ADN viral et bloque sa multiplication. Les détails des études préliminaires sont rapportés dans Retrovirology [1]. Medscape France a interrogé le Dr Tazi sur le traitement en développement dans la lutte contre le VIH.

Medscape France – Pouvez-vous expliquer le mode d’action d’ ABX 464 ?

Dr Jamal Tazi - L’infection par le VIH suit quatre étapes bien définies :

– Le virus s’attache d’abord à la cellule du système immunitaire puis délivre son matériel génétique (ARN) à l’intérieur de ces cellules.

– Le matériel génétique du virus ARN est transformé en ADN.

– L’ADN viral pénètre dans le noyau puis s’intègre à l’ADN de la cellule

– L’ADN viral fabrique de l’ARN viral. Pour cela, la protéine Rev est nécessaire car c’est elle qui permet à l’ARN de sortir du noyau et ainsi de fabriquer de nouveaux virus.

Les thérapies actuelles interfèrent toutes, à des moments différents selon les molécules, avec les trois première étapes de l’infection. En d’autres termes, les thérapies actuelles empêchent la ré-infection de nouvelles cellules du système immunitaire mais ne bloquent pas la production de virus à partir des cellules qui ont déjà intégrées l’ADN viral.

Pourtant, ces cellules qui ont le virus intégré représentent des réservoirs pour la production de nouveaux virus. C’est pour cette raison que nous avons choisi de travailler sur l’étape centrale et non périphérique de l’infection.

« Cette molécule agit donc sur les cellules réservoirs productrices de virus et non pas seulement en périphérie dans le sang circulant, comme les trithérapies actuelles. »

Medscape- Quels sont les résultats obtenus ?

Dr J.T : ABX464 agit après intégration de l’ADN viral dans les cellules du système immunitaire. Les études préliminaires montrent qu’il n’interagit pas avec la production d’ARN cellulaire.

Cette molécule agit donc sur les cellules réservoirs productrices de virus et non pas seulement en périphérie dans le sang circulant, comme les trithérapies actuelles.

Nous avons testé ABX 464 in vitro sur des cellules humaines et in vivo sur des modèles animaux de référence et nous avons constaté une baisse significative de la charge virale persistant pendant plusieurs semaines après l’arrêt du traitement. Un tel effet persistant sur la charge virale n’avait jamais été observé jusqu’à présent. En outre, aucune mutation de résistance n’a été détectée dans nos recherches préliminaires.

Enfin, les études de toxicité et de pharmacocinétiques, rapportées dans Retrovirology, tendent à prouver que ce traitement pourrait être relativement bien toléré.

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