Bilan 2014 : Ebola, l’épidémie qui défie le monde

Bilan 2014 : Ebola, l’épidémie qui défie le monde

Le virus Ebola a fait quelque 7.500 victimes en 2014. Quasi exclusivement en Afrique. Mais la crise sanitaire a touché la planète entière, qui a mis du temps à réagir face aux risques de propagation du virus. A retrouver en intégralité dans le numéro spécial «Bilan» des Echos, en kiosque et sur les écrans le 8 janvier.

L’épidémie d’Ebola a surpris le monde en 2014. Des 25 poussées successives du virus tueur enregistrées depuis 1976, la dernière a totalement changé d’échelle : l’épidémie a migré depuis l’Afrique centrale pour exploser dans trois États d’Afrique de l’Ouest et touché simultanément six pays africains ; faute de structures de santé, elle a investi les grandes zones urbaines alors que le «biotope» des précédentes épidémies était resté confiné dans les zones rurales, proches des chauves-souris frugivores qui paraissent être le réservoir du virus ; elle a, selon les derniers bilans, fait officiellement environ 7.500 victimes , contaminé plus de 19.000 personnes et fait payer un très lourd tribut aux scientifiques et personnels de santé (649 contaminés et 365 décédés) ; enfin, elle s’est exportée hors d’Afrique, en Espagne (1 cas) et aux États-Unis (4 cas, 1 mort). Au point d’interroger aujourd’hui le monde sur sa capacité à résister, à l’avenir, à des dangers sanitaires majeurs.

Née en décembre 2013 aux confins de trois pays parmi les plus pauvres de la planète – le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée -, cette nouvelle épidémie est apparue en décembre 2013, mais ses premiers cas sont passés inaperçus jusqu’en mars 2014, du fait de sa forme de syndrome grippal sans signes typiques. Dès le printemps, des ONG dont Médecins sans frontières ont tiré le signal d’alarme. Mais au beau milieu des soubresauts de la scène internationale – Ukraine, Syrie, Irak, Gaza, Mali, Centrafrique -, il n’aura été pris en compte qu’au creux de l’été, lorsque l’épidémie a commencé à s’internationaliser, avec des cas, heureusement isolés, au Nigeria (en juillet), puis au Sénégal, et surtout en Espagne et aux États-Unis (en octobre), véritables accélérateurs de la psychose mondiale, avant le Mali, en novembre. Ce n’est que le 8 août que l’OMS a lancé une alerte mondiale en décrétant un «état d’urgence sanitaire» planétaire contre Ebola.

Mobilisation tardive mais efficace

La communauté internationale n’a commencé à vraiment se mobiliser qu’à la fin de l’été. Ce qui a, au passage, permis de découvrir que les malades atteints du virus pouvaient être efficacement soignés… dans des hôpitaux de pays développés. Des fonds ont alors été mobilisés par la Banque mondiale, les Nations unies, la Banque africaine de développement et l’Union européenne. L’aide logistique bilatérale, américaine notamment, et la coopération médicale, venant même de Chine ou de Cuba, se sont organisées progressivement. Au sommet de Brisbane, le 15 novembre, le G20 s’est engagé «à faire tout ce qu’il faut pour éradiquer l’épidémie», alors qu’on annonçait au même moment le lancement de trois essais de traitements expérimentaux au Liberia et en Guinée.

Mobilisation payante ? Fin novembre, constatant le ralentissement de la progression de l’épidémie, le Liberia levait l’état d’urgence, alors que l’OMS avait déjà officiellement déclaré la fin de l’épidémie au Nigeria et au Sénégal. L’ONU s’est, quant à elle, fixé la date du 1er janvier 2015 pour atteindre 100% de cas traités et 100% d’inhumations sûres des victimes du virus, et espère atteindre le zéro nouveau cas d’ici à six mois. Subsiste un inquiétant point d’interrogation avec le Mali, qui rappelle que tout l’enjeu d’Ebola reste sa possible extension aux pays voisins.

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