IRC: "La réponse humanitaire doit s'inscrire dans un nouveau contexte de crise"

Nous lions ci-dessous la nouvelle chronique de David Miliband, président et directeur général du Comité international de secours et ancien secrétaire aux affaires étrangères du Royaume-Uni.

Il y aura brainstorming intensif à propos de l'avenir de action humanitaire dans les deux prochaines années. En mars, 2015, la troisième conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe se tiendra au Japon. Sommet des Nations Unies sur le développement en septembre 2015 établira les successeurs des objectifs de développement du millénaire (OMD) - les objectifs de développement durable (ODD). Et en mars, 2016, la communauté humanitaire mondiale se réunira à Istanbul pour le premier sommet humanitaire mondial.

Ce type d’attention est essentiel car le «paysage» change. Du côté de la demande, la croissance de la classe moyenne en Chine et en Inde signifie une concentration accrue de la pauvreté dans les États touchés par un conflit. La moitié des personnes les plus pauvres du monde, qui survivent avec moins de 1.25 par jour, vivent dans ces États fragiles. Par conséquent, les crises humanitaires deviennent de plus en plus complexes et de plus en plus fréquentes.

Du côté de «l'offre», le la communauté humanitaire est caractérisée par la fatigue et la fragmentation. La fatigue est manifeste dans ce que le pape François a appelé la «mondialisation de l'indifférence». La fragmentation peut être constatée parmi les acteurs humanitaires traditionnels, où les approches et les priorités sont diverses, et dans l'entrée de nouveaux acteurs, qu'ils soient financés par des pays à majorité musulmane du Golfe ou par le secteur privé.

Cet écart entre l'offre et la demande explique pourquoi face à quatre crises sans précédent classées au niveau 3 par l'ONU dans 2013 (Syrie, Soudan du Sud, République centrafricaine et Philippines), la réponse mondiale fait défaut. Les appels des Nations Unies sont sous-financés par les gouvernements; le public est découragé; Les ONG humanitaires sont moins sollicitées qu'avant.

Les agences humanitaires telles que le Comité international de secours réagissent avec une gamme d'innovations pour améliorer l'efficacité et l'efficience. L'accent est davantage mis sur les «bénéficiaires» et leur responsabilité, les personnes que nous assistons; plus d'intégration des interventions sociales et économiques; et de meilleurs partenariats avec la société civile locale.

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