L'Afrique lance une campagne mondiale pour le nouveau cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe

RELIEFWEB.INT -

Source: Stratégie internationale de prévention des catastrophes naturelles des Nations Unies
Pays: Monde

Par Jonathan Fowler

YAOUNDE, 20 Juillet 2015 - L’Afrique lance cette semaine une initiative mondiale visant à appliquer le nouveau Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, une feuille de route internationale datant de 15 qui vise à rendre le monde plus à l’abri des dangers naturels et causés par l’homme.

Les entretiens de mardi à jeudi en…

Par Jonathan Fowler

YAOUNDE, 20 Juillet 2015 - L’Afrique lance cette semaine une initiative mondiale visant à appliquer le nouveau Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, une feuille de route internationale datant de 15 qui vise à rendre le monde plus à l’abri des dangers naturels et causés par l’homme.

Les pourparlers de mardi à jeudi à Yaoundé, dans la capitale camerounaise, rassemblent des représentants de quatre douzaines de gouvernements, des communautés économiques régionales africaines, de l'Union africaine et de nombreux représentants des Nations Unies et d'autres organisations internationales.

Bien que l'objectif soit d'aligner les programmes existants de l'Afrique sur le Cadre de Sendai, la réunion a des implications plus vastes, marquant la première réunion intergouvernementale à mettre en œuvre le nouveau pacte depuis son adoption en mars lors de la Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe.

«L’Afrique a une chance de donner le ton à l’avenir mondial de la réduction des risques de catastrophe», a déclaré Margareta Wahlström, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe.

Soulignant l’importance de la session, elle comporte deux parties. La réunion du groupe de travail Afrique 7th sur la réduction des risques de catastrophe, mardi et mercredi, sera suivie jeudi par la Xème réunion à haut niveau sur la réduction des risques de catastrophe, à laquelle participeront des ministres et d'autres hauts fonctionnaires. Ce dernier devrait publier une déclaration appelant l'Union africaine à diriger un alignement du cadre de Sendai à l'échelle du continent et à faire en sorte que les plans régionaux et nationaux soient alignés sur le nouvel accord.

Le cadre de Sendai a quatre priorités: améliorer la gouvernance des risques, comprendre les risques de catastrophe, investir dans la résilience et améliorer la préparation en vue d'une intervention efficace, le relèvement, la réhabilitation et la reconstruction.

Son impact jusqu'à 2030 et au-delà dépendra de la réalisation de sept objectifs mondiaux, notamment des réductions substantielles de la mortalité en cas de catastrophe, du nombre de personnes touchées, des pertes économiques et des dommages causés aux infrastructures critiques.

Les dangers naturels et artificiels se conjuguent pour faire des victimes, ruiner les moyens de subsistance et compromettre le développement. L'intégration de la réduction des risques de catastrophe dans tous les domaines de la politique et de la planification est donc essentielle au développement durable. Une action ciblée est nécessaire pour lutter contre les facteurs de risque sous-jacents tels que la pauvreté, le changement climatique, l'urbanisation non planifiée, la croissance démographique, la gestion médiocre des terres, la dégradation des écosystèmes et la faiblesse de la gouvernance et des politiques.

Les données recueillies au cours des deux dernières décennies montrent qu'en chiffres absolus, les pays d'Afrique font partie du top 10 de l'Asie: le Kenya et l'Éthiopie. Lorsque les chiffres sont normalisés par 100,000 de population, la situation est plus sombre: l’Érythrée, le Lesotho, le Zimbabwe, la Somalie, le Kenya et le Niger apparaissent comme les plus touchés.

On estime que les pertes économiques directes causées par les catastrophes jusqu’à présent au cours de ce siècle ont atteint l’ordre de 1 billion de dollars américains dans le monde. Les pertes dans les pays à revenu faible et intermédiaire du 2.5 ont totalisé US $ milliards 40 au cours des dernières années 305. En Afrique seulement, de 30 à 1990, une moyenne de catastrophes de 2012 a été enregistrée chaque année, la majorité étant provoquée par des risques hydrométéorologiques tels que des inondations et des tempêtes. Sur 152, plus d’un million d’Africains ont été directement touchés par un total de catastrophes enregistrées par 2014.

Comme le reste du continent, le pays hôte, le Cameroun, connaît bien les risques naturels, qu’il s’agisse d’éruptions volcaniques, de tremblements de terre, de glissements de terrain, de la désertification, d’épidémies et d’inondations. Une catastrophe parmi les plus inhabituelles d’Afrique a également eu lieu à 1987, lorsque le lac Nyos a explosé et émis un nuage de dioxyde de carbone, tuant des personnes 1,700 et du bétail 3,500 en quelques minutes dans un rayon de 1 km 25.

Le lac Nyos est depuis devenu une étude de cas sur la gestion des risques: avec l’aide de scientifiques français, le Cameroun a installé des tuyaux pour libérer lentement mais sûrement le gaz, qui se produit naturellement dans ces lacs de cratère. Un système d'alerte précoce alimenté par l'énergie solaire surveille les niveaux de gaz, laissant ainsi le temps aux personnes de s'évacuer si nécessaire.

En juin, le centre économique du Cameroun dans la ville portuaire de Douala a été frappé par des inondations qui ont tué au moins quatre personnes et contraint 80,000 à quitter leur domicile. Les experts ont mis en cause la combinaison du changement climatique, de la déforestation, de la croissance démographique vertigineuse et de la construction non réglementée de logements dans un district marécageux où des terres bon marché attirent les citadins pauvres en dépit des risques. Les autorités ont réagi en ordonnant la démolition des quartiers informels.

Le Cameroun a annoncé le lancement d'un nouveau réseau d'alerte rapide pour fournir aux autorités locales des informations météorologiques et hydrologiques en temps réel.

La réunion de Yaoundé fera le point sur les actions entreprises depuis le lancement de la Stratégie régionale africaine de réduction des risques de catastrophe pour 2004.

L'Afrique se vante des plates-formes nationales 38 pour la réduction des risques de catastrophe, un instrument clé utilisé dans le monde entier pour comprendre et limiter les risques, et au cœur du cadre d'action de Hyogo, prédécesseur du cadre de Sendai adopté dans 2005. Les pays ont également organisé des plates-formes régionales régulières, dont la cinquième édition africaine a eu lieu en mai 2014 au Nigéria et a créé une position commune pour aider à élaborer le cadre de Sendai.

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