Épidémie d'Ebola en RDC: plan d'intervention du Programme alimentaire mondial

La dernière épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo est vraiment difficile à vaincre pour de nombreuses raisons territoriales et sociales. Les terres sont en proie à des conflits et les groupes armés ne veulent pas vraiment quitter les prestataires de soins de santé, ce qui pose également un problème pour l'assistance alimentaire. Jusqu'à maintenant, Le PAM fournit une aide alimentaire aux personnes atteintes de 86,000 touchées par le virus Ebola en RDC depuis le mois d'août 2018. En dépit des efforts conjoints du gouvernement et de la communauté de réaction au sens large pour enrayer la propagation de l'épidémie, l'épidémie s'est propagée dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri et risque de se propager davantage. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que cette dixième épidémie d'Ebola en RDC était la deuxième en importance de l'histoire, avec des cas confirmés et probables d'infection par 580 et plus de décès que celle-ci par 330.

ENVIRONNEMENT D'EXPLOITATION COMPLEXE

Le contexte de cette épidémie d'Ebola est exceptionnel: le territoire de Beni au Nord-Kivu, l'épicentre de la crise, est une zone de conflit actif. Certains de ceux qui doivent être surveillés et traités pour Ebola vivent ou fuient dans des zones contrôlées par des groupes armés.

Ces zones sont difficiles et risquées, nécessitant des négociations intensives pour planifier la nature et la durée des interventions. Tous les groupes armés ne coopèrent pas avec les équipes d'intervention médicale. En effet, un dialogue significatif est improbable avec des milices telles que les Forces démocratiques alliées (ADF), présumées responsables de l'assassinat de civils sur le territoire de Beni depuis 2014.

L'environnement de sécurité instable et la population relativement mobile signifient que l'épidémie s'est étendue à de nouvelles zones, y compris à certaines zones précédemment déclarées exemptes d'Ebola. Des efforts intensifs sont déployés pour retrouver la trace des personnes ayant été en contact avec des patients Ebola. Certains se cachent des équipes médicales, par crainte et idées fausses sur le virus Ebola et son mode de propagation.

Au moins les personnes 200 susceptibles de porter le virus n'ont pas été retrouvées par les équipes d'intervention médicale.

Tout aussi inquiétant, de nombreux nouveaux cas ne peuvent pas être imputés aux patients enregistrés à Ebola, ce qui signifie qu'ils ont contracté le virus Ebola par des porteurs inconnus. La résistance de la communauté aux équipes d'intervention médicale reste un défi majeur, en particulier dans les zones nouvellement contaminées.

La campagne de vaccination est en cours et plus de 49,000 ont été vaccinés depuis le début de la crise. Jusqu'à présent, il a permis d'éviter l'épidémie de devenir incontrôlable, mais l'inoculation ne suffira pas à l'éteindre tant que les personnes infectées ne pourront pas être retrouvées ou refuseront un traitement.

Compte tenu de la complexité de l'environnement, les experts de l'OMS prévoient une extension de l'épidémie vers le sud. Les élections présidentielles et législatives prévues pour le mois de décembre de 23, ainsi que la période postélectorale, pourraient conduire à un pic des transmissions, en cas d'instabilité politique et de déplacement. Les experts estiment que le dixième virus Ebola en RDC devrait persister encore plusieurs mois.

QUEL EST LE ROLE DU PAM?

  • Le PAM soutient la réponse médicale à Ebola, dirigée par le Ministère de la santé et l'OMS.
  • Son rôle est double: premièrement, fournir un soutien opérationnel aux équipes d’intervention médicale par le biais de divers services logistiques; deuxièmement, aider à contenir la propagation du virus en fournissant une aide alimentaire et nutritionnelle aux personnes touchées par la maladie.
  • Chaque semaine, des colis de vivres du PAM garantissent que les personnes soupçonnées d'être portées par Ebola et leurs familles ne doivent pas quitter leur domicile pour acheter de la nourriture pendant leur séjour sous surveillance médicale.

Plus les cas suspects restent au même endroit, moins le virus risque de se propager.

ÉVALUATION DE L'ASSISTANCE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE DU PAM

Depuis le mois de décembre, le PAM a fourni de la nourriture à plus de 12 depuis août. Ils incluent les «contacts» des patients Ebola, des patients sortis, du personnel soignant, du personnel de première ligne et de ceux qui ont guéri du virus. Les personnes qui ont été en contact avec des porteurs du virus Ebola, et qui pourraient donc être porteurs du virus, constituent 86,000 pour cent de la charge de travail. Ils reçoivent de la farine de maïs, des haricots, de l'huile végétale, du sel, de la farine enrichie et une pâte nutritionnelle spéciale toutes les semaines. De nouvelles listes de porteurs de virus potentiels sont partagées toutes les heures 90 par le ministère de la Santé. Le PAM répond dans les heures qui suivent 48, en coopération avec son partenaire distributeur CARITAS. Cela aide à contenir la propagation du virus. Fin novembre, le PAM, en partenariat avec un groupe de survivants d'Ebola, a commencé à distribuer de la nourriture à une centaine d'autres survivants d'Ebola.

Les distributions se poursuivront chaque mois, pendant un an.

Trente fonctionnaires nationaux et internationaux du PAM travaillent directement sur la riposte à Ebola et des équipes de distribution supplémentaires sont formées et déployées pour renforcer les distributions et soutenir l'OMS dans la ville de Butembo et la province méridionale de l'Ituri, où de nouveaux cas ont été signalés.

APPUI LOGISTIQUE DU PAM

Le PAM a élargi sa capacité d'entreposage à Beni avec la mise en place de deux unités de stockage mobiles (une pour les produits alimentaires et l'autre pour les fournitures de l'OMS). En raison du nombre élevé de cas signalés au sud de Beni, du personnel de la logistique y a été déployé pour aider l'OMS à construire un nouveau centre de traitement du virus Ebola.

Un nouveau terrain de football communautaire aménagé par le PAM à Beni a été ouvert le 4 de décembre, remplaçant un terrain voisin utilisé pour construire une extension du centre de traitement Ebola.

Environ 90, des tonnes de produits divers sont livrées chaque semaine au partenaire coopérant du PAM,
CARITAS, utilisant des camions du PAM.

En outre, quelques mètres cubes de marchandises 140 sont expédiés chaque semaine aux partenaires, aux entrepôts et aux centres de santé de l’OMS.

PRÉPARATION

L'équipe de coordination stratégique contre le virus Ebola adopte une «approche du grand cercle» dans les villes situées au sud de Beni, y compris Goma et Lubero. Ceci est conçu pour prévenir la propagation du virus Ebola. L'approche consiste principalement à vacciner les agents de santé opérant dans ces zones. Cependant, le niveau d'insécurité dans la province du Nord-Kivu est particulièrement préoccupant, avec des enlèvements fréquents et des attaques par des groupes armés. Le risque de propagation du virus Ebola reste élevé. Le PAM se prépare à réagir rapidement aux nouvelles épidémies dans d'autres régions de la RDC, en particulier dans les zones urbaines.

Les opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire (ECHO) financent la réponse du PAM au virus Ebola.

FINANCEMENT

La riposte à Ebola reste sous-financée et le PAM est en train de revoir ses besoins pour les mois à venir. Des fonds supplémentaires seront nécessaires pour maintenir l'appui du PAM à la riposte à Ebola dans la poursuite de la lutte contre le virus.

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